A Tanger, les candidats des partis de gauche aux prochaines élections législatives jouissent d’un niveau de connaissance et de compétence juridique qui a permis de redonner confiance à un grand nombre de citoyens. On dirait que les trois partis socialistes annoncent de loin leur grand retour, comme à l’époque où Tanger était, il n’y a pas si longtemps, une ville de gauche durant plusieurs décennies…
Ce n’est pas un hasard si Tanger a été surnommée « la capitale de la gauche marocaine ». Toute l’histoire de la ville a été écrite à l’encre rouge de la pensée socialiste et progressiste.
Tanger Internationale: Un laboratoire d’idées
Entre 1923 et 1956, Tanger était une zone internationale. Un exil pour les intellectuels, et un carrefour pour les communistes, socialistes et anarchistes fuyant l’Europe et l’Espagne franquiste. Dans les cafés « Paris » et « Central », des militants marocains côtoyaient des réfugiés espagnols, des journalistes et des écrivains.
C’est ici que s’est forgée une conscience politique différente. Une conscience qui ne croyait pas seulement à l’indépendance, mais aussi à la justice sociale qui devait suivre.
C’est aussi de Tanger qu’est partie la première cellule de l’Union Marocaine du Travail. Et c’est de là que sont nés des journaux qui ont ébranlé le colonialisme.
Les dockers, les ouvriers du bâtiment et les marins de la ville étaient le véritable moteur des grèves et des manifestations. Tanger a appris au Maroc la signification de la « grève générale » et celle du « combat syndical ».
Une école de cadres
Abderrahmane El Youssoufi,

Ali Yata

et bien d’autres…
La plupart des dirigeants de l’Union Socialiste des Forces Populaires, du Parti du Progrès et du Socialisme et de la Fédération de la Gauche Démocratique sont issus de l’école de Tanger. C’est de là que sont venues des figures qui ont marqué l’histoire politique du Maroc: des militants convaincus que l’indépendance politique devait être suivie d’une indépendance sociale. Et que la dignité est indivisible.
Pourquoi Tanger est-elle restée de gauche?
Parce que c’est une ville ouvrière par excellence. Une ville de port, d’usines et d’exode. La pauvreté et la richesse y ont toujours vécu côte à côte. Et cela engendre une conscience de classe.
Et parce que c’est une ville ouverte sur le monde, elle a rejeté la pensée fermée et a cru en la coexistence, en la femme travailleuse, à l’université, à la culture comme arme.
Aujourd’hui, quand on parle de « changement » à Tanger, on parle le langage écrit par les fils de cette ville il y a 70 ans.
Tanger n’a pas seulement été la porte du Maroc sur le monde. Elle a été la porte du Maroc sur l’idée que la patrie appartient à tous, et que la dignité est un droit et non un privilège.
C’est pourquoi, à chaque fois que l’étau se resserre sur les libertés dans le pays, tous les regards se tournent vers Tanger. Parce qu’elle connaît le chemin.


























