Cet été à Tanger, on n’a pas vécu une canicule. On l’a subie.
35°C à l’ombre et des nuits tropicales. Ce scénario peut provoquer des pluies diluviennes cet automne. Celles qui transforment nos rues en torrents, nos sous-sols en piscines et nos quartiers populaires en zones sinistrées. Exactement comme celui que le Maroc a subi durant l’automne et l’hiver derniers. Entre l’enfer de la chaleur et la fureur de l’eau, Tanger est coincée. Et le pire, c’est qu’on le savait.
L’été 2026 restera dans les mémoires. Pas à cause des plages pleines, mais de la chaleur extrême qui n’est plus un épisode. C’est la nouvelle norme. Elle aggrave les maladies respiratoires, elle fait exploser la facture d’électricité, elle rend le travail impossible pour les ouvriers, les livreurs, les vendeurs du marché.
Pendant ce temps, on bétonne encore. On coupe des arbres. La ville devient un four. Sans des espaces verts suffisants, sans ombre, sans ventilation naturelle, Tanger retient la chaleur comme une casserole.
Et quand il pleut, la ville coule.
On se souvient de 2008. De 2014. De ces nuits où les pieds Souani et Mghogha se transforment en rivière, où des familles perdent tout en 30 minutes.
Le problème n’est pas la pluie. Le problème c’est qu’on a construit sur les lits des rivières. Qu’on a bouché les exutoires. Que le réseau d’assainissement n’a pas suivi l’expansion folle de la ville.
Avec le dérèglement climatique, les pluies ne tombent plus doucement. Elles tombent d’un coup. Violentes. Et notre ville n’est pas prête.
L’urgence n’est plus une option. C’est une question de survie
Tirer la sonnette d’alarme ne sert à rien si personne ne se lève. Tanger doit passer de la parole aux actes, et vite. Mais comment le faire?
Sur la chaleur:
Plan canopée d’urgence: Planter 100 000 arbres dans les quartiers denses. Ombre dans les écoles, dans les arrêts de bus, dans les marchés.
Rafraîchir la ville: Toitures blanches, façades végétalisées, fontaines publiques. Arrêter de bétonner chaque mètre carré.
Protéger les plus fragiles: Ilots de fraîcheur dans chaque quartier, accès gratuit à l’eau potable en été.
Sur les inondations:
Déblayer et entretenir: Curer les oueds et les avaloirs avant les premières pluies. Ce n’est pas sexy, mais ça sauve des vies.
Stop à l’urbanisation sauvage: Interdire de construire dans les zones inondables. Dégager les emprises des rivières.
Des bassins de rétention: Comme à Casablanca. Retenir l’eau pour éviter qu’elle ne déferle sur les maisons.
Le temps des excuses est fini.
On ne peut plus dire « c’est exceptionnel ». Ce n’est plus exceptionnel. C’est systémique.
Le dérèglement climatique frappe Tanger deux fois: par la sécheresse et la chaleur, puis par la violence de l’eau.
Si on attend encore « l’année prochaine », il sera peut-être trop tard. Le prochain été sera plus chaud. La prochaine pluie sera plus forte.
Tanger a besoin d’un pacte climatique local. De la wilaya, de la commune, des entreprises, des associations et des citoyens.
Pas de grands discours. Des chantiers. Des budgets. Des délais.
La ville du Détroit et des vents ne doit pas devenir la ville des alertes rouges et des évacuations.
Agir aujourd’hui, c’est éviter de pleurer demain!.
Le 23 septembre, notre bulletin de vote est un gilet de sauvetage
Chaque été, la chaleur nous étouffe un peu plus. Chaque automne, la pluie nous rappelle à quel point la ville est fragile.
Entre les canicules de Tanger et les crues qui menacent nos quartiers, on a compris une chose: le changement climatique n’est plus une menace lointaine. Il est à notre porte.
Mais aucun arbre ne se plante tout seul. Aucune rivière ne se cure toute seule. Aucune loi pour protéger les zones inondables ne s’écrit toute seule.
C’est là que rentre le rôle du député.
Le 23 septembre prochain, nous n’élirons pas seulement des noms. Nous choisirons ceux qui siégeront à Rabat pour voter le budget de l’assainissement, pour défendre un plan national d’adaptation, pour obliger les promoteurs à respecter la ville et ses habitants.
Nous avons besoin de députés qui connaissent Tanger, qui marchent dans ses rues quand il fait 35°C, et qui ont aussi vu l’eau monter jusqu’aux portes.
Des députés capables de transformer la colère en lois, l’urgence en chantiers, et les promesses en béton, en arbres et en canalisations.
Car face à la chaleur et aux inondations, le silence du Parlement coûte cher. Très cher. Voter, cette fois, c’est choisir qui nous défendra quand le climat frappera. Et il frappera.


























