Malgré les opérations de nettoyage, les campagnes de sensibilisation et le renforcement des actions des pouvoirs publics notamment à Tanger, les déchets continuent de souiller le littoral marocain. Une pollution persistante qui interroge l’efficacité des mesures mises en place et les comportements des usagers.
Les chiffres indiquent une amélioration. Présenté en avril dernier, le rapport national 2025 du Programme national de surveillance de la qualité des eaux de baignade et du sable des plages (PNQEBSP) confirme que les quantités de déchets collectés ont diminué de plus de 25% entre 2021 et 2025. Plus de 95 % des eaux de baignade respectent désormais les normes microbiologiques, soit une progression de 7 points depuis 2021, avec un suivi élargi à 204 plages et 498 stations de contrôle.
Toutefois, ces avancées ne signifient pas la disparition du phénomène. Le suivi du sable réalisé sur 64 plages en 2025 révèle la persistance du problème des déchets marins, notamment plastiques, qui représentent plus de 86 % des déchets recensés. Cette situation est également liée aux comportements inciviques : selon l’avis du Conseil économique, social et environnemental (CESE), 37 % des répondants considèrent les sites naturels et les plages comme des espaces particulièrement touchés par l’incivisme.
Les trois lacunes persistantes
Plusieurs lacunes demeurent, notamment «l’absence d’un dispositif de dissuasion réellement appliqué». Aussi, le sous-financement chronique des collectivités locales, qui ne disposent pas des moyens nécessaires pour assurer la collecte et le nettoyage tout au long de l’année, et non uniquement pendant la saison estivale. A cela s’ajoute une éducation environnementale encore trop marginale dans les programmes scolaires, ainsi qu’un déficit de coordination entre l’ensemble des acteurs.
Concernant les recommandations adressées aux décideurs publics pour inverser durablement cette tendance, la première consiste à instaurer immédiatement un dispositif d’amendes applicables sur les plages et l’ensemble du littoral, accompagné d’un mécanisme de travaux communautaires obligatoires. La deuxième vise à généraliser l’éducation environnementale dans les programmes scolaires, du primaire à l’université, tout en renforçant le soutien financier et administratif aux associations sérieuses engagées sur le terrain. Il est par ailleurs indispensable de créer un véritable écosystème de partenariats entre les pouvoirs publics et la société civile, fondé sur la confiance et la performance.
Enfin, il s’agit d’investir massivement dans les infrastructures, notamment en développant des usines de traitement des déchets dans chaque province, en installant un nombre suffisant de poubelles publiques, des points de tri sélectif et des filières de valorisation et de recyclage, en priorité sur les plages les plus fréquentées et dans les villes touristiques.

























