Le secrétaire général du PJD, Abdelilah Benkirane, est sur toutes les routes. À l’approche des législatives du 23 septembre, il enchaîne les meetings à travers le pays pour porter les candidats de son parti. Le weekend dernier, cap sur le nord: ksar el Kebir, Tétouan et Tanger.
Même salle, même décor, même discours. Mot pour mot. Pendant près d’une heure, Benkirane a déroulé son répertoire habituel: attaques contre Aziz Akhannouch, charges répétées contre le PAM, rappels sur « le complot » et « les comploteurs ». Le ton est monté, les applaudissements aussi. Mais sur l’essentiel, le silence. Aucun mot sur le projet du PJD pour gouverner, aucune vision pour les cinq prochaines années, aucun programme concret à défendre devant les électeurs. Juste le passé, rejoué en boucle.
Et quel passé. Benkirane a longuement encensé ses deux mandats à la tête du gouvernement comme « un grand succès » et « une période dorée ». Un récit qui passe mal. Car c’est précisément durant ces années que les Marocains ont subi les réformes les plus douloureuses : hausse des prix, suppression de la compensation, réforme des retraites. Des décisions que beaucoup n’ont toujours pas digérées.
À Tanger comme à Tétouan, la scène était identique. Une base militante fidèle, un chef qui galvanise, mais un message qui n’avance pas. À force de rejouer les vieilles batailles, le PJD donne l’impression de faire campagne contre ses adversaires plutôt que pour un projet.
Dans une élection où les citoyens attendent des réponses sur le pouvoir d’achat, l’emploi et les services publics, ce retour au slogan risque de coûter cher. Car répéter les mêmes phrases, ce n’est pas convaincre. C’est juste tourner en rond.






















