extrait (de l’introduction)
«Je l’avais énoncé – et annoncé – dès la première ligne de cette série de livrets consacrée à la photographie, dont le présent volume constituera une conclusion: je ne suis pas photographe. Il en résulte qu’après une douzaine d’années passées à prendre des photographies avec mon smartphone, j’ai aujourd’hui le sentiment d’avoir fait le tour de la question. J’ai exprimé tout ce que j’avais à dire au moyen de l’image mécaniquement (numériquement) captable et reproductible. Il n’est pas exclu qu’à l’avenir, je me rêve comme artiste peintre ou vidéaste et que j’explore ce qui, pour ma part, constitue de nouveaux champs d’investigations ! Mais, s’agissant de la photographie, j’en ai fini. Je pourrais continuer à regarder, à cadrer, à capter le monde pour en faire des images, mais je ne ferais que me répéter et, surtout, je n’en éprouverais plus aucun plaisir ni aucune jubilation. Je ne ressentirais plus le vertige lié à une capacité de lever et de ramener le monde tel que je le vois. D’ailleurs, au lieu de chasser la réalité, récemment je recherchais plutôt le bon effet, un bon cliché, et uniquement la bonne image. Ce qui, naturellement, ne génère que des images de qualité médiocre.»

résumé
Philippe Guiguet Bologne s’est adonné pendant une douzaine d’années au plaisir de photographier, grâce aux facilités désormais apportées à cette pratique par les smartphones. Ce fut la circonstance opportune de publier une dizaine de petits ouvrages, rapportant quelques clichés parfois de bonne qualité, accompagnés de petits essais sur la création. Mais dès l’instant où l’exercice est devenu répétitif, perdant de sa candeur autant que de sa magie, l’auteur a préféré cesser cette pratique, pour à nouveau pouvoir regarder le monde autrement que par le prisme de «la photographie à capturer»… Ce 24 – Et puis voilà ! est encore l’occasion d’un petit bilan sur cette séquence de réflexions sur l’acte photographique.
Se procurer le livre
24 – Et puis voilà! est disponible à Tanger, à la librairie Les Insolites et à Gallery Kent.