Un lycée historique, avec un taux de réussite qui force le respect. Des élèves qui se lèvent tôt, des profs qui s’investissent. Tout pour bien commencer l’année.
Et pourtant, devant la grande porte qui ouvre sur le terrain de sport, le décor gâche tout. Depuis 4 ans, jour après jour, c’est la même montagne d’ordures: déchets alimentaires en décomposition, sacs éventrés, centaines de mouchoirs en papier. Une poubelle à ciel ouvert qui sert de tapis de bienvenue.
La direction de l’établissement aurait pu faire bouger les choses en interpellant l’arrondissement et la société de propreté. Elle ne l’a pas fait, ou pas assez. Le résultat est là.
Ironie du sort: cette décharge se trouve juste en face de l’hôtel Chellah. J’y ai vu des touristes, au moment de prendre leur bus pour l’aéroport, immortaliser « le dernier souvenir ». Une photo pour se rappeler que le séjour était beau, mais qu’on est content de rentrer dans des villes propres.
Et les habitants du quartier ? Ils commencent leur journée avec cette odeur et ce spectacle. Les jeunes, eux, traversent ces déchets pour aller apprendre, pour rêver à leur avenir. A force de voir cela chaque matin, on finit par leur donner l’impression que le seul bus qui vaut est celui qui part vers l’aéroport. Celui d’un pays qui les respecte.

Il est temps d’agir, tous ensemble

Le respect commence par la rue devant chez nous. Respect des élèves qui méritent une entrée digne. Respect des habitants qui paient leurs taxes. Respect des touristes qui portent l’image du Maroc. Respect de nous-mêmes.
Aux responsables de l’arrondissement: assumez vos missions. A la société de propreté: tenez vos engagements. A la direction du lycée: portez la voix des élèves jusqu’au bout. A nous, citoyens: arrêtons de jeter et exigeons mieux.
Une nation ne se construit pas dans les ordures. Elle se construit dans le respect. Et le respect, ça commence dès la rentrée.