Les élections communales n’auront lieu qu’en 2027, un an après les législatives de 2026.
Une année. C’est à la fois court et long. Assez long pour transformer des quartiers, assez court pour arriver les mains vides si on choisit d’attendre. Or aujourd’hui, la ville de Tanger est dirigée par une coalition tripartite majoritaire, calquée sur l’alliance gouvernementale nationale: PAM, RNI et PI. Trois partis qui détiennent à la fois le gouvernement et la commune. Ils n’ont donc ni prétexte ni alibi. Ils ont la majorité, les leviers et la responsabilité.

Une chance ou un piège?

Il serait incompréhensible, et même dangereux politiquement, de passer cette année à rédiger des programmes pour 2027. Les promesses, les Tangérois les connaissent déjà: une ville plus propre, moins d’embouteillages, des hôpitaux dignes, des quartiers réhabilités, des jeunes qui trouvent du travail chez eux. Le problème n’a jamais été le manque d’idées, c’est le manque d’actes visibles maintenant. Pourquoi ne pas commencer dès aujourd’hui à appliquer ce que ces partis vont forcément promettre l’an prochain? Lancer les chantiers de propreté, débloquer les budgets pour les écoles et les centres de santé, attaquer les points noirs de circulation, répondre aux associations… Ce ne sont pas des réformes qui demandent une nouvelle loi. Ce sont des décisions.

La gauche et le PJD préparent leur retour

Et parallèle, la concurrence ne dort pas. A défaut, les partis de gauche observent et préparent leur retour.
En effet, face à cette majorité tripartite, une nouvelle dynamique se dessine à gauche. Les partis de gauche, longtemps en retrait à Tanger, misent aujourd’hui sur deux forces qu’ils n’avaient pas auparavant: les jeunes et les intellectuels. Les jeunes, fatigués des promesses et très actifs sur les réseaux, veulent du concret, de la transparence et une ville à leur image. Les intellectuels, enseignants, avocats, notaires, médecins, artistes et cadres, commencent à reprendre la parole dans les débats publics et portent un discours de rupture avec la gestion traditionnelle. Cette alliance entre l’énergie de la rue et la force des idées donne à la gauche un second souffle. Elle n’a peut-être pas encore la majorité, mais elle a le temps et le discours pour séduire si la coalition au pouvoir choisit de ne rien faire d’ici 2027.
De son côté, le PJD en particulier, qui a déjà connu une double expérience à Tanger, a raté le coche mais il se réorganise pour revenir plus fort. Il n’attend qu’une chose: une année blanche de la majorité actuelle pour se présenter en 2027 comme l’alternative crédible.
Cela veut donc dire une chose simple, l’unique chance de cette coalition PAM-RNI-PI est de passer à l’action dès aujourd’hui et que les résultats soient très prometteurs d’ici 2027. Gouverner ensemble au national et au local est une chance rare. Elle oblige à des résultats, pas à des discours. Si en 2027 la coalition arrive avec un bilan concret, elle pourra parler d’expérience et de continuité. Si elle arrive avec des excuses, elle laissera la place à ceux qui n’attendent que cela.
Tanger ne peut pas se permettre une année de gestion en mode veille. Les Tangérois jugeront sur ce qu’ils voient dans la rue, pas sur ce qu’on leur promettra dans un tract. PAM, RNI, PI ont certes la main aujourd’hui, mais tout montre qu’ils ne sauront s’en servir efficacement.