Il y a dix mois, le nouveau parc de transport urbain a été officiellement mis en service à Tanger. Depuis, 280 véhicules traversent la ville et son périmètre rural offrant des services d’une très belle qualité. C’est la vérité. Ces bus, acquis et équipés par la société Tanja Mobilité, dans le cadre de la mise en œuvre du nouveau modèle de gestion déléguée du transport public par bus, présentent tous les atouts.
Un modèle qui représente une nouvelle phase de modernisation du service, orientée vers le renouvellement et la montée en capacité de la flotte, l’intégration de solutions technologiques innovantes, ainsi que le renforcement des standards de qualité, d’accessibilité, de sécurité et d’efficacité du service public. Sauf que là il y a un hic!
Prendre le bus à Tanger est en effet une double peine pour les étudiants. À la rentrée, ils ont découvert que la société de transport en commun a augmenté le prix de leur abonnement mensuel étudiant. Une hausse qui pèse déjà lourd sur des bourses modestes.
Mais le pire, ce n’est pas le prix. C’est le service qui va avec.
Car malgré cette augmentation, les bus ne respectent toujours pas les horaires. Pas de 5 minutes de retard. On parle de 20, 30 minutes d’attente à l’arrêt, sans aucune information.
Et ce sont les jeunes filles qui paient le prix fort.
À la sortie des facultés de Boukhalef ou de la Cité Universitaire, à 18h ou 19h en hiver, il fait déjà nuit. Elles restent seules à attendre un bus qui ne vient pas. Dans des zones mal éclairées, elles se sentent en insécurité. Certains parents disent que leurs filles préfèrent payer un petit taxi qu’elles n’ont pas les moyens de se payer plutôt que de rester seules à l’arrêt.
« On nous a augmenté l’abonnement en nous promettant un meilleur service. On a eu l’inverse. Plus cher pour attendre plus longtemps dans le noir », résume une étudiante.
La question est simple, sur quelle base la société a-t-elle été autorisée à augmenter l’abonnement étudiant? Le contrat qui lie la commune à la société prévoit des obligations de ponctualité, de fréquence et de sécurité. Qui contrôle ce contrat? Qui sanctionne les retards?
La Commune de Tanger subventionne déjà le transport en commun. Elle ne peut pas laisser une société privée augmenter ses tarifs pour les plus précaires tout en dégradant le service, et surtout en mettant en danger les étudiantes.
Les étudiants demandent trois choses très claires, le gel de l’augmentation de l’abonnement jusqu’à un audit du service; le respect strict des horaires affichés, surtout sur les lignes universitaires entre 17h et 20h en plus de l’éclairage et de la sécurisation des arrêts de bus autour des facultés.
On ne peut pas parler de Tanger ville universitaire et ville du Mondial 2030 si on n’est pas capable d’assurer un bus à l’heure et en sécurité à une étudiante.