“En politique, il n’y a pas d’ennemis permanents ni d’amis permanents, il n’y a que des intérêts permanents”. – Churchill 1.

Le rideau n’est pas encore tombé. Les négociations se poursuivent et, dans les coulisses du pouvoir, les masques changent, les mains se tendent et les flèches d’hier se transforment, comme par enchantement, en poignées de main.
Hier adversaires, aujourd’hui partenaires de négociation: les formations politiques, de droite comme de gauche, se retrouvent autour de la même table. Chacune cherche à arracher sa place dans la future majorité et, surtout, à décrocher sa part de la tarte ministérielle.

Le futur gouvernement ne sera constitué qu’après l’ouverture du Parlement par Sa Majesté le Roi, le Vendredi 9 octobre 2026 conformément à l’article 65 de la Constitution.
D’ici là, les consultations se poursuivent et la course aux portefeuilles est bel et bien engagée.
Hier encore, pendant la campagne électorale, les discours étaient autrement plus tranchants. Les accusations fusaient, les divergences étaient brandies et les adversaires désignés avec vigueur. Aujourd’hui, les voilà réunis autour de la même table pour négocier leur participation au pouvoir.
Ainsi va la politique : les flèches d’hier deviennent les poignées de main d’aujourd’hui, les critiques se transforment en compromis et les promesses électorales risquent parfois de prendre le chemin discret de l’oubli.
On invoquera le pragmatisme, l’art du compromis et la nécessité de gouverner. Certes. Mais le citoyen est en droit de poser une question simple: où s’arrête le compromis politique et où commence le renoncement aux convictions?
Car si les adversaires d’hier peuvent devenir les partenaires de demain, encore faudrait-il expliquer aux électeurs ce qui a changé entre les deux.
La politique est sans doute l’art du possible. Mais lorsqu’elle devient l’art de rendre tout possible dès lors que le pouvoir est à portée de main, la démocratie risque d’y perdre l’essentiel: la confiance du citoyen.
À droite comme à gauche, chacun négocie, revendique, calcule et tente d’arracher le meilleur morceau de la tarte. Les alliances se recomposent, les portefeuilles se convoitent et les ambitions individuelles et partisanes se croisent dans les couloirs du pouvoir.
Mais il est une part que personne ne peut se partager autour de cette table: celle du citoyen et de sa confiance.

Car c’est lui qui vote.
C’est lui qui espère.
C’est lui qui attend des résultats.
Et, en fin de compte, c’est encore lui qui paie l’addition.

1-Winston Churchill (1874 – 1965) est un homme d’État, figure majeure de l’ histoire. Né à Blenheim Palace, Oxfordshire, Royaume-Uni, Winston Ch-urchill a marqué son époque par le chef du gouvernement britannique pendant la seconde guerre mondiale.

Par Dr. Ali GHOUDANE – Docteur chercheur en Sociologie
Cf. mon blogspot : kroniquesociale.blogspot.com/