La diplomatie scientifique ne se résume pas à faire se serrer la main à deux institutions. Elle connecte des expertises, bâtit de la confiance et ouvre la voie pour que la science ait un impact qui dure.
C’est exactement ce qui s’est passé à Tanger.
Le 26 septembre 2026, la Légation Américaine de Tanger, le plus ancien poste diplomatique américain au monde, a accueilli la Consultation de Tanger sur la diplomatie de la santé et de la science. Une initiative convoquée par les Jeunes Diplomates Marocains avec le soutien de la Section de diplomatie publique de la Mission américaine au Maroc.
Autour de la table, pas seulement des diplomates. Des chercheurs, des professionnels de santé, des experts en réglementation, des représentants institutionnels marocains et américains, tous réunis pour une même question: comment faire de la coopération Maroc-États-Unis en santé et en science plus qu’un dialogue d’intention?
Parmi les experts invités, Kaoutar Aalilouch, chercheuse marocaine en biotechnologie, affiliée à l’Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II et ayant collaboré avec l’University of California, San Francisco (UCSF). Spécialiste reconnue en biosécurité et en biosûreté, elle a apporté son expertise sur un sujet ultrasensible: le transfert international des matières biologiques, les cadres réglementaires et les principes d’une coopération scientifique responsable.
Les discussions ont balayé les grands chantiers d’avenir: biofabrication, reconnaissance mutuelle des réglementations, recherche clinique, biosurveillance, gouvernance des données de santé et mobilité des chercheurs.
Le fil rouge de toutes les interventions: dépasser les MoU et les déclarations pour construire des partenariats concrets, durables et mutuellement bénéfiques.
« Une coopération internationale efficace nécessite des voies réglementaires claires, un échange réciproque de connaissances, des investissements dans la capacité scientifique et des mécanismes permettant aux chercheurs et aux institutions de maintenir des collaborations à long terme », a souligné Kaoutar Aalilouch lors de son intervention.
Ce qui a fait la force de cette consultation, c’est son interdisciplinarité. Faire dialoguer la science dure, la santé publique et la diplomatie pour accoucher de recommandations pratiques, applicables, et non de vœux pieux.
L’experte a tenu à saluer le travail des organisateurs: « Ma sincère reconnaissance va aux Jeunes Diplomates Marocains et à son Président, Wail Ettouil, pour leur leadership et leur excellente organisation, ainsi qu’à la Mission américaine au Maroc pour leur soutien à cette initiative importante. Ce fut un privilège de contribuer à cet effort collectif aux côtés de participants distingués. J’attends avec impatience de voir ces discussions se traduire en initiatives significatives qui renforcent les partenariats scientifiques et institutionnels entre le Maroc et les États-Unis. »
À Tanger, ville symbole du dialogue entre les deux rives, la science a parlé le langage de la diplomatie.


























