ALarache, l’école espagnole Luis Vives vit une crise sans précédent. Après la chute du plafond d’une salle de classe, une expertise technique a conclu que les toitures de l’établissement, vétustes, ne répondent plus aux normes de sécurité. Les cours ont été suspendus sur le site.

Face à l’urgence, l’équipe administrative et consulaire a multiplié les solutions de repli pour assurer la continuité pédagogique.
Premier dispositif: accueil d’une partie des élèves – du primaire au baccalauréat – dans les locaux de l’Institut Cervantès, avec un système d’alternance, et recours au distanciel pour certains niveaux du secondaire.
Un dispositif jugé insuffisant, notamment pour les tout-petits. Après d’intenses démarches, une seconde solution a été trouvée: la mise à disposition d’un établissement scolaire appartenant à la Fondation Mohammed V pour la Solidarité, aux standards proches des écoles espagnoles.
La nouvelle répartition prévoit ainsi l’accueil des enfants de 3, 4 et 5 ans ainsi que des élèves du primaire au sein d’un établissement relevant de la Fondation Mohammed V pour la Solidarité, tandis que les collégiens, lycéens et élèves de baccalauréat seront répartis dans les locaux de l’Institut Cervantès selon les niveaux et les capacités disponibles, certains cours du secondaire pouvant par ailleurs être maintenus à distance.
Selon l’administration, cette organisation vise à garantir le droit à la scolarité dans des conditions sûres, en attendant une solution définitive et la réhabilitation du bâtiment historique.
Mais du côté des familles, la colère gronde. Et une question revient avec insistance : pourquoi tous les autres collèges espagnols au Maroc ont-ils été rénovés, modernisés et parfaitement équipés, alors que Luis Vives est le seul à être arrivé à cet état lamentable?
Dans un témoignage poignant qui circule parmi les parents, une ancienne élève rappelle que cet établissement ne s’est pas fait sans lutte. « Nos parents ont dû se battre pour garantir la continuité du centre, pour obtenir le secondaire puis le baccalauréat, afin que leurs enfants n’aient pas à partir à 11 ans dans une autre ville. Cela a été obtenu grâce aux familles, à l’AMPA et à une direction engagée. »
Elle se souvient d’une autre école: « Ses immenses jardins, ses espaces pour que les enfants jouent et grandissent, le gymnase avec tout le matériel nécessaire, et cette salle des fêtes qui réunissait familles, professeurs et élèves. »
Aujourd’hui, le contraste est brutal avec des plafonds qui s’effondrent, des installations abandonnées et un complexe sportif en ruine.
« Où sont les responsables? Où est l’entretien? Où va l’argent que paient les familles? Où sont ceux qui devraient garantir la sécurité et l’avenir de nos enfants? » interrogent les parents.
Car Luis Vives n’est pas un établissement comme les autres. Il a été librement choisi par des familles marocaines, des familles maroco-espagnoles et d’autres qui ont fait le choix de ce modèle éducatif. Il fait partie de l’histoire de Larache.
« Nous ne pouvons pas permettre que des décennies d’efforts de tant de familles finissent par s’effondrer avec les murs de l’école », conclut l’appel des parents.