Pour beaucoup de femmes, aller chez le médecin est un luxe qu’elles ne peuvent pas se permettre. Non par manque de volonté, mais par manque de temps. C’est à partir de ce constat simple que l’ONG Medicus mundi a déployé tout au long du mois d’octobre une vaste campagne de sensibilisation et de dépistage précoce des cancers féminins.
Une campagne pas comme les autres, car elle est allée chercher les femmes là où elles sont: à l’usine, au lycée, dans leur quartier.

Aller vers celles que le système de santé ne touche pas.

L’initiative cible en priorité deux publics particulièrement vulnérables, les travailleuses du secteur de la confection à Tanger et Casablanca, dont les horaires à rallonge rendent l’accès aux centres de santé quasi impossible, et les femmes vivant en zones rurales où l’information reste rare.
L’objectif est clair. Renforcer la prévention, banaliser le dépistage précoce, le seul capable de réduire les complications et la mortalité liées aux cancers du sein et du col de l’utérus, et surtout, redonner à chaque femme le droit de prendre soin d’elle.
Pour cela, Medicus Mundi Sur n’a pas agi seule. Elle s’est entourée d’un réseau dense de partenaires de terrain. Il s’agit de l’Organisation Panafricaine de Lutte contre le Sida (OPALS), des entreprises de confection comme NewColibri, Kiswa Textil, Fajartex, StilNua, Marengtex et ChalConfection, les lycées tangérois Khawarizmi, Chefchaouni et Al Akkad, et une dizaine d’associations locales ancrées dans le Nord dont Mouatina et Mowakaba et Wifak à Tanger, Chifae à Tétouan et M’diq-Fnideq, RIF et Amal et SOS Villages d’Enfants à Al Hoceima, le Forum de la femme de Chefchaouen et l’Association Amal à Larache.
Une présence qui a permis de couvrir un vaste territoire couvrant Tanger, Al Hoceima, Chefchaouen, Tétouan, M’diq-Fnideq et Larache, au sein même des usines, des lycées, des centres de santé, des centres de femmes et des sièges d’associations.

1263 femmes sensibilisées, 219 déjà dépistées.

Les chiffres à mi-parcours parlent d’eux-mêmes. Au total, 1263 personnes ont été touchées par les actions de sensibilisation, dont 289 directement sur leur lieu de travail et 991 dans les associations et les lycées.
Côté dépistage, 219 femmes ont déjà bénéficié d’un examen au sein des entreprises partenaires. L’objectif est d’atteindre 300 femmes dépistées à fin octobre.
Sur les 219 dépistages réalisés, 183 cas, soit 83,56%, se sont révélés normaux, 26 cas (11,87%) présentent d’autres anomalies bénignes, tandis que 10 cas nécessitent un suivi urgent, dont 3 cas suspects au niveau du col de l’utérus (1,37%) et 7 cas suspects au niveau du sein (3,20%).
Ces 10 cas suspects, détectés à temps, viennent de rappeler avec force l’importance vitale de cette campagne. Elles ont toutes été orientées vers les structures de santé compétentes pour des examens complémentaires et un suivi médical approprié.
Au-delà des chiffres, c’est un message fort qu’envoie Medicus Mundi: le dépistage ne doit plus attendre que les femmes viennent à l’hôpital. C’est à l’hôpital, à l’association, à l’entreprise, d’aller vers les femmes.