Alors que la destination touristique de Tanger attire un nombre croissant de visiteurs et accueille régulièrement les plus grands navires de croisière au monde au port de Tanger Ville, des dysfonctionnements sur le terrain font craindre une perte importante des retombées économiques attendues de ce secteur prometteur. Au premier rang des problèmes soulevés par les professionnels figure ce qu’ils qualifient de «vide de coordination», dont les conséquences affectent directement l’activité commerciale locale.
Selon plusieurs témoignages concordants recueillis par La Dépêche auprès de professionnels du tourisme et de l’artisanat, certaines grandes compagnies de croisière auraient, à de nombreuses reprises, adressé à leurs passagers des consignes préventives les invitant à redoubler de prudence, voire les incitant explicitement à éviter les achats dans les souks et les ruelles de la médina de Tanger.
Ces recommandations, jugées préjudiciables par les commerçants concernés, risquent de vider le tourisme de croisière d’une partie de sa portée en matière de développement local. Les artisans, les commerçants et les professionnels de la médina se retrouvent ainsi privés d’une part significative des dépenses effectuées par les milliers de croisiéristes qui débarquent chaque année dans la ville.
Selon les acteurs du secteur, ces visiteurs repartent parfois avec des appréhensions excessives ou des images stéréotypées, au détriment des marchés traditionnels, qui constituent pourtant un pilier de la mémoire économique et culturelle de Tanger.
Face à cette situation, les appels à l’intervention des autorités compétentes, des responsables locaux, des gestionnaires du port de Tanger Ville et des élus se multiplient. L’objectif est de remédier rapidement à ce déficit de coordination et de mettre en place une stratégie permettant de mieux répartir les retombées économiques du tourisme de croisière au profit du tissu commercial local.
Les professionnels plaident notamment pour l’établissement de canaux de communication institutionnels et anticipés avec les compagnies maritimes spécialisées dans les croisières. Ils souhaitent ainsi garantir une présentation fidèle et rassurante de la destination, tout en protégeant les intérêts des commerçants et des artisans, qui comptent sur les escales des paquebots pour relancer leurs activités et sortir de la stagnation commerciale.
Au-delà de l’augmentation du nombre de navires et de passagers, l’enjeu pour Tanger consiste désormais à transformer l’essor du tourisme de croisière en retombées économiques concrètes pour les acteurs locaux. Une ambition qui suppose une meilleure coordination entre les compagnies maritimes, les autorités portuaires, les professionnels du tourisme et les représentants du commerce traditionnel.