Le Maroc est devenu l’un des marchés qui amortissent le mieux le recul des ventes du groupe allemand Vossloh, spécialiste des infrastructures ferroviaires.
Dans ses résultats au 30 septembre 2026, publiés le 22 octobre, Vossloh signale une progression de son activité commerciale au Royaume. Avec l’Australie, cette hausse compense presque les reculs enregistrés dans d’autres régions du monde.
Les chiffres concernent la division «Customized Modules», qui fournit notamment les aiguillages et les équipements de voie. Son chiffre d’affaires mondial atteint 423,9 millions d’euros sur les neuf premiers mois de 2026, contre 427,1 millions un an auparavant. Vossloh ne publie pas le montant réalisé au seul Maroc, mais la tendance est claire : le Royaume est cité comme un marché de croissance depuis le premier semestre, aux côtés de la Suède, de l’Algérie et de l’Australie.

Un contrat de 75 millions d’euros pour la LGV

Cette dynamique accompagne l’expansion du réseau ferroviaire national. En octobre 2024, Vossloh a annoncé une commande d’environ 75 millions d’euros de l’ONCF : près de 50 millions d’euros pour les aiguillages et 25 millions d’euros pour les systèmes de fixation des rails destinés à la ligne à grande vitesse Casablanca-Marrakech, sur 245 kilomètres.
Les livraisons s’étalent jusqu’en 2028, avec un objectif clé : la mise en service de la LGV Kénitra-Marrakech à temps pour la Coupe du monde 2030.
Cette commande avait déjà contribué à un record historique en 2024, avec plus de 1,3 milliard d’euros de commandes pour le groupe, en progression de 12,1% par rapport à 2023.

Une présence renforcée à Casablanca

Le groupe allemand ne se contente plus de livrer des équipements. Depuis juillet 2026, Vossloh Services France et le portugais Futrifer ont créé « Vossloh Futrifer Services Maroc », une coentreprise basée à Casablanca.
Elle assurera la maintenance des voies et des aiguillages pour l’ONCF et pour les réseaux urbains de Casablanca et de Rabat. À partir de 2027, la société prévoit de recruter et de former des employés marocains, dans des métiers à forte technicité comme le soudage, le traitement des rails et la maintenance des équipements spécialisés.
Le Maroc devient ainsi une base opérationnelle pour Vossloh en Afrique du Nord, et non plus un simple marché de livraison.

Des perspectives à long terme

L’intérêt allemand pour le Maroc s’inscrit dans le Plan Rail Maroc 2040, qui vise à porter le réseau LGV à 1.100 km et les lignes conventionnelles à 1.600 km. Le programme d’investissement ferroviaire du Royaume a d’ailleurs été porté à 134 milliards de dirhams à l’horizon 2030, contre 96 milliards initialement.

La hausse des ventes au Maroc intervient toutefois dans un contexte moins favorable pour la rentabilité de la division. Son bénéfice d’exploitation (EBIT) est passé de 42,8 millions d’euros à 28,7 millions d’euros, en raison de la hausse des coûts logistiques et de production.