Ceuta : le Parlement européen presse Rabat et Madrid sur les retours de migrants. L’institution européenne a en effet approuvé une résolution de la droite, avec le soutien de l’extrême droite, appelant l’Espagne et le Maroc à accélérer l’expulsion des étrangers entrés à Ceuta en juillet et n’ayant pas le droit de rester en Europe.

Le Parlement européen à Strasbourg a voté le 17 septembre une résolution non-contraignante portée par le Parti Populaire Européen (PPE – droite).
Le texte concerne les entrées massives des 30-31 juillet à Ceuta. Les chiffres varient selon les médias : de 70.000 à 80.000 personnes en 2 jours, avec au moins 141 morts selon Geopolitique Profonde. La majorité serait repartie dans les heures qui ont suivi, mais plusieurs milliers restent sur place.

Deux accusations très lourdes, c’est le cœur du texte

Tous les médias reprennent les mêmes deux formules du Parlement :
> « condamne avec la plus grande fermeté les franchissements illégaux massifs […] ainsi que l’instrumentalisation de la migration irrégulière en tant qu’outil de guerre hybride contre l’intégrité territoriale d’un État membre ».
Et l’injonction :
> « invite instamment l’Espagne et le Maroc à accélérer leur coopération en matière de retour et de réadmission ».
C’est la première fois que le PE utilise le terme « guerre hybride » contre le Maroc.

Analyse politique : ce que les articles soulignent différemment
La presse marocaine (Yabiladi, Le Desk, LeBrief, H24) :* insiste sur le fait que la résolution est « sans contrainte légale » / non contraignante. Ils rappellent que c’est une initiative de la droite espagnole pour attaquer Pedro Sánchez. Le contexte : « alimente les attaques de la droite et de l’extrême droite à l’encontre du gouvernement de gauche espagnol » à l’approche des élections 2027.
La presse européenne (L’Orient Le Jour, Breizh-Info) : va beaucoup plus loin. Ils révèlent qu’il y a eu *2 votes en 2 jours :
– 16 septembre : un rapport sur la guerre hybride qualifie l’événement d’ « invasion » et demande une enquête indépendante sur qui a planifié l’opération.
– 17 septembre : la résolution spécifique qui somme Rabat d’assumer ses responsabilités et propose de suspendre ou récupérer les fonds européens versés au Maroc en cas de non-coopération.
Une proposition encore plus radicale (couper immédiatement toutes les aides à Rabat) a été rejetée selon El País / Cadena SER.
L’autre cible : Madrid. Le texte critique aussi le gouvernement Sánchez pour sa politique de « régularisation à grande échelle » qui créerait un effet d’appel pour les passeurs, et pour ne pas avoir utilisé les financements d’urgence de l’UE.
En résumé, ce n’est pas une sanction juridique, c’est un camouflet politique double. Le PE rappelle que « Ceuta est espagnole et européenne, et que leur souveraineté ne peut être remise en question », et met la pression sur les deux capitales pour accélérer les expulsions avant l’hiver.

 

Excuses. Par erreur, c’est un autre article paru dans l’hebdomadaire Telquel qui a été publié à la place de celui-ci, dans le dernier numéro de la Dépêche du Nord du samedi 26 septembre. A priori, l’article de Telquel devait être lu comme source d’information permettant de rédiger un autre papier traitant ce sujet. Malheureusement, cet article a été publié avec la photo du jeune photographe Mohammed Benyekhlef.
La rédaction de La Dépêche du Nord présente ses sincères excuses aux collègues à Telquel, ainsi qu’au photographe auteur de la photo parue dans le même hebdo.
Dans le but de corriger cette erreur, nous publierons ce même article et les mêmes excuses dans la prochaine édition du journal du samedi 3 octobre 2026 dans nos versions papier, site et pdf.
La rédaction.