Dans presque tous les tableaux de l’artiste tangérois Farid Embarek, des foules d’hommes en burnous se tiennent de dos en file étroite sur des lignes d’horizons désertiques paradoxalement très colorées. Et puis, presque de manière infaillible surgit une femme aux courbes évocatrices, pulpeuse comme une amphore, pratiquement toujours dénudée. Cette femme (ou ces femmes), jaillissantes, sont montrées telles que les imaginent encore trop souvent les hommes qui les croisent.
J’aurais envie de dire que l’on ne peut pas ne pas aimer le travail de Farid Embarek dont c’est la première exposition en solo. Mais cela serait très insuffisant, parce que sur ces espaces de papier immaculé se presse un monde d’ombres et de fantômes, d’anonymes au masculin transcendés par les silhouettes féminines et que cet univers est enivrant, envoûtant comme une ronde de jnoun dans quelque confin d’Afrique ou du Maghreb.
Bref, je pourrai vous parler des heures de ce grouillement de vies et de voiles, de tissages et de marabouts qui n’est pas sans me faire penser à la touche de pinceau liquide de l’artiste Miquel Barcelò.
En clair, si vous êtes à Tanger aujourd’hui vendredi 8 juillet 2022, à partir de 18h, venez aux insolites, vous ne le regretterez pas !