La galerie Delacroix à Tanger accueille, du 30 octobre au 30 novembre 2026, l’exposition intitulée « Accords et dissonances, elles s’exposent », réunissant les œuvres de Safaa Erruas et Ghislaine Portalis. Commissariat : Nadine Gayet Descendre.
À travers cette rencontre artistique, deux univers singuliers dialoguent autour d’une même notion : la douceur. Mais de quelle douceur s’agit-il ? Entre attraction et trouble, cette qualité apparente devient chez ces artistes un terrain de tension, oscillant entre fragilité et désastre, entre présence et perte. Pour l’une, c’est par la douceur et la virginité que se conquiert un monde d’altérité qui risque à tout moment de nous échapper. Elle s’inscrit dans la tentative d’une expérience limite. Pour l’autre, la douceur est un leurre, le germe obligé d’une certaine cruauté. Elle s’inscrit dans une réflexion sur le langage et l’image. Après une longue exploration des rapports entre l’intime et le social, le corps et l’espace comme lieux où se négocient les tensions individuelles et collectives, Safaa Erruas insiste désormais, depuis l’expérience du confinement, sur l’importance de la notion de voyage, au sens le plus large du terme, en tant que déplacement, à la fois mental et physique, dans des œuvres sans cesse en reconstruction. La notion de genre est plus manifeste chez Ghislaine Portalis. La douceur comme expérience inquiétante où tout repère vacille. La douceur au cœur même de ce qui détruit. La douceur, à la Maurice Blanchot, qui accompagne une sorte de perte irréversible. La douceur qui place au cœur de toutes ses œuvres, une histoire, un scénario, un récit de la cruauté. Invisible mais troublante. Poétique mais incertaine.
Safaa Erruas
Après une longue exploration des rapports entre l’intime et le social, le corps et l’espace comme lieux où se négocient les tensions individuelles et collectives, Safaa Erruas insiste désormais, depuis l’expérience du confinement, sur l’importance de la notion de voyage, au sens le plus large du terme, en tant que déplacement, à la fois mental et physique, dans des œuvres sans cesse en reconstruction. Territoire cartographique, l’œuvre serait une image de ce monde qui identifie l’être humain par son rapport à des espaces géographiques que sa naissance, puis tout son parcours individuel, lui assigne. Cette étendue de la surface terrestre, choisie ou imposée, sur laquelle vivent des corps humains, opère des déplacements mentaux.
Il s’agit désormais pour l’artiste de penser une totalité homme-femme, non plus genrée, mais privée d’une liberté impérativement humaine et nécessaire par-delà sa traduction cartographique.
Cet aspect organique du mouvement dans l’espace est l’une des préoccupations actuelles de Safaa Erruas. Son installation récente intitulée Continuum, née d’une première notation sur le papier, tisse une forme spatiale plus ambitieuse : un parcours rythmé, habillé de fils blancs, où la déambulation physique du spectateur devient elle-même signifiante.
Ghislaine Portalis
La notion de genre est plus manifeste chez Ghislaine Portalis. La douceur comme expérience inquiétante où tout repère vacille. La douceur au cœur même de ce qui détruit. La douceur, à la Maurice Blanchot, qui accompagne une sorte de perte irréversible. La douceur qui place au cœur de toutes ses œuvres, une histoire, un scénario, un récit de la cruauté. Invisible mais troublante. Poétique mais incertaine. En citant Simone Weil : “Mais il y a à mes yeux de grandeur que dans la douceur”, Maurice Blanchot écrit : “Je dirai plutôt, rien d’extrême que par la douceur. La folie par excès de douceur, la folie douce. Penser, s’effacer ; le désastre de la douceur”.
Toutes les installations de Ghislaine Portalis s’ajoutent, s’accumulent, se répondent mais pas de salut dans cette apparente douceur, néanmoins inhérente à une version féminine de l’art… car très vite, à bien y regarder, quelque chose dépasse la forme qu’elles proposent.



























