Ce qu’on a fait ce jeudi 4 décembre à la Mendoubia n’est pas normal. Voir ce vieux palmier abattu m’a mise en colère autant que cela m’a brisé le cœur. Ce n’était pas un simple arbre, c’était un palmier dattier Phoenix, une espèce qui met des dizaines d’années à pousser. Un témoin silencieux de toute une vie de quartier.
Il y a quelques années on s’est battus pour sauver ce jardin, on s’est mobilisés on a défendu cet espace vert parce qu’on savait ce qu’il représentait. Un poumon, un refuge, une mémoire vivante. Aujourd’hui, on nous enlève un de ses géants sans explication claire, sans transparence, sans respect. On nous parle de maladie, mais un palmier gravement malade n’a pas un tronc aussi dense, aussi solide, aussi sain visuellement. Un arbre condamné est mou, creusé, affaissé, ce n’était clairement pas le cas ici. Alors on a le droit de poser des questions et même le devoir, parce que ce palmier avait entre 60 et 90 ans, peut être plus, et pour qu’un autre atteigne cette taille, il faudra encore 60 à 80 ans.
Soyons honnêtes, nous ne verrons jamais son remplaçant de notre vivant, un palmier adulte ce n’est pas un élément de décor qu’on supprime d’un coup de tronçonneuse, c’est de l’ombre, de l’oxygène, de l’équilibre, de la beauté, de l’histoire. Le couper sans dialogue, ni justification publique, est une violence contre le patrimoine et contre les citoyens.
Je ne suis pas contre l’entretien, je suis contre le fait de décider pour nous sans nous. Contre l’évidence, contre la mémoire des lieux. Aujourd’hui ce palmier à terre ce n’est pas juste du bois coupé, c’est un symbole qu’on a fait tomber et le silence autour de cet acte est encore plus grave que l’acte lui même!
Sanae Alami