A l’occasion du mois sacré, le Théâtre Riad Sultan déploie une programmation d’exception où se conjuguent ferveur spirituelle, exigence esthétique et dialogue des arts. Pensé comme une traversée sensorielle et intellectuelle, le programme de mars épouse l’atmosphère singulière du Ramadan et confirme la vocation du lieu: faire converger patrimoine et création contemporaine dans un même élan artistique.
Le coup d’envoi sera donné le 7 mars avec une immersion musicale dans l’héritage chaoueni, portée par Hala Bensaid et son groupe. À travers l’art de la Hadra, la scène se fera écrin de rythmes hypnotiques, de chants spirituels et de sonorités traditionnelles, composant une fresque sonore à la fois envoûtante et contemplative, en résonance profonde avec l’esprit du mois sacré.
Le 11 mars marquera le retour très attendu de Hamid El Hadri, qui présentera son nouvel album (Joudour) ROOTS. Plus qu’une production musicale, l’œuvre s’annonce comme un manifeste intime et résilient, conçu après une longue épreuve personnelle. L’artiste y convoque mémoire d’enfance, quête intérieure et sincérité créative dans une partition à la portée humaine et symbolique.
La littérature prendra le relais le 14 mars avec la signature de Tactique Bladi, quand le ballon parle ma langue, ouvrage de Mohamed Ali El Ouahabi. Présenté comme une première dans le paysage éditorial arabophone consacré au football, ce livre propose une lecture critique et philosophique du jeu, ouvrant un champ de réflexion inédit pour les passionnés comme pour les observateurs avertis.
Le 27 mars, la scène accueillera Houm, création de la Compagnie Anfas Théâtrale, inspirée d’un texte du poète Abdellah Zrika. Entre narration et lyrisme, la dramaturgie explore un univers sous tension où le corps devient territoire de conflit psychique et idéologique, dans une métamorphose aux accents kafkaïens. La mise en scène est signée Asmaa Houri, avec scénographie lumineuse de Amine Boudrika et composition musicale de Rachid El Broumi. Sur scène, Hajar Chargui, Abderrahim Tamimi, Mohamed Chahir et Zaynab Alji donnent corps à cette fresque dramatique, accompagnés des musiciens Abdellali Roudani, Oussama Bourouain, Rachid Bromi et du régisseur Karim Amraoui.
La clôture, le 28 mars, sera dédiée au jeune public avec Serina et le pêcheur, spectacle de la Compagnie Haya Nalab Lilfonoun avec une mise en scène de Mahmoud Chahdi. Cette fable théâtrale, mêlant imaginaire marin et conscience écologique, suit un pêcheur dont la ligne remonte des déchets au lieu de poissons, éveillant l’inquiétude d’une sirène confrontée aux dangers de la pollution. Un récit initiatique qui conjugue divertissement et message environnemental.
En parallèle, Théâtre Riad Sultan poursuit son engagement pédagogique à travers ses ateliers permanents: formations gratuites de théâtre et de cirque pour les enfants de la médina et de la Kasbah, atelier de théâtre pour adultes «Acteur/Action» dirigé par Noureddine Zioual, ainsi qu’un atelier de danse contemporaine conduit par la chorégraphe Emmanuelle Beauvois.
À travers cette programmation Ramadan, le Théâtre Riad Sultan confirme son statut de carrefour culturel majeur à Tanger, offrant au public une saison où l’exigence artistique se conjugue à l’élévation spirituelle, et où chaque rendez-vous se veut une expérience sensible, intellectuelle et profondément humaine.
























