Trop de nervosité et des excès de colère qui méritent la consultation. Le Ramadan, pourtant période de haute spiritualité, engendre des bouleversements de haute tension. Pendant ce mois sacré, l’irritabilité le remporte de loin face à la spiritualité. Grave contradiction!

Le mois de la miséricorde est l’un des mois les plus difficiles à vivre à Tanger. La ville, déjà assez cauchemardesque tout au long de l’année, devient un enfer à éviter durant les journées de Ramadan.
Durant le mois « sacré », la schizophrénie atteint un point tellement grave que même les plus grands psychologues n’arrivent pas à trouver une analyse expliquant parfaitement le cas.

De la « Baraka » au désespoir

L’augmentation subite des prix des produits alimentaires est hallucinante, qu’ils soient nécessaires ou secondaires, c’est pareil, durant le Ramadan ils sont vendus aux tarifs les plus chers.
Le virus est bien sûr national, mais il prend sa dimension monstrueuse à Tanger sous prétexte tantôt de la distance, comme si la ville se trouve au pôle Nord, tantôt à cause des inondations qui rendraient difficile l’accès au champs agricoles. Un petit bouquet de menthe ou de céleri qui vaut jusqu’à 10 DH, c’est du pur vol en plein mois sacré. Le prix du kilo des sardines risque lui aussi de s’envoler à 50 DH, une pure arnaque de la part de gens qui jeûnent et prient dieu durant de longues heures pour les combler de sa miséricorde et sa bénédiction.

Circulez, circulez sacrés jeûneurs

L’autre aspect monstrueux des gens durant le Ramadan est leur manière sauvage et barbare de circuler en ville. On dirait qu’ils sont devant le risque de ne pas arriver à temps, de perdre à jamais le festin comme s’il était le dernier repas, l’ultime. La circulation est chaotique avant la rupture du jeûne.
Pire. Cette année, les populations sont en plus victimes de ces nombreux motards inconscients et véritablement criminels qui ne respectent aucun code de la circulation routière. Ni les feux rouges, ni les sens interdits, ni les passages piétons, ni même pas les trottoirs.
La scène, à partir de midi jusqu’au coucher du soleil, est désespérante. Durant cet espace de temps, les routes se transforment en terrain de guerre où certains automobilistes et beaucoup de motards, au nom du respect qu’ils portent à la religion, ses commandements et ses préceptes, n’hésitent pas à provoquer des accidents et des victimes parfois mortels. Pourtant, aucune religion n’incite à l’irritation ni à provoquer des accidents souvent mortels.
Les embouteillages, les klaxons et les stationnements en double et triple voie, habituels durant toutes l’année, sont ne font pas le poids face à la brutalité des chauffards durant le mois « sacré ».
Durant la seconde quinzaine de ce mois si sacré, d’autres phénomènes nuisibles apparaissent comme des champignons un peu partout à Tanger. Le nombre des mendiants augmente vertigineusement et le commerce informels envahi terriblement le centre-ville et les grands quartiers.
Là, au nom de l’Aid et du chômage des jeunes, l’autorité ferme l’œil et laisse faire. Mais l’Aid passe et le temps passe et cet œil vigilant reste toujours fermé.

Par A. REDDAM