Le coup d’envoi de la campagne pour les législatives du 23 septembre a été donné à Tanger. Et dès les premiers jours, le constat est amer: plus de papier que d’idées, plus de bruit que de projets.
Dans chaque rue, à chaque rond-point, des milliers de tracts jonchent le sol. Les trottoirs, les arbres, les façades, les voitures… Rien n’y échappe. La ville, qui se veut vitrine du Maroc du nord, ressemble ces jours-ci à une immense poubelle électorale. Une pollution visuelle et physique payée, in fine, par le contribuable. Car derrière chaque affiche, chaque prospectus, ce sont des millions de dirhams qui partent en fumée. L’argent public finance une campagne qui commence par salir la ville qu’elle prétend représenter.
Sur le fond, le vide n’est guère plus reluisant. À part quelques candidats de gauche qui ont tenté de tirer leur épingle du jeu avec des propositions concrètes sur l’emploi, les jeunes, le logement et les services publics, la majorité des partis s’est contentée d’une guerre de déclarations. Attaques personnelles, règlements de comptes, slogans usés jusqu’à la corde. Rien qui ne donne envie, rien qui ne donne confiance. Pas de message clair, pas de cap, pas de projet de ville. Juste la course aux cinq sièges réservés à Tanger, comme s’il s’agissait d’un trophée à décrocher plutôt que d’une responsabilité à assumer.
C’est cela le plus inquiétant. Alors que Tanger fait face à des défis immenses: pression migratoire, logement, transport, inégalités grandissantes entre les quartiers, la campagne a choisi l’esquive. On parle de tout sauf de ce qui compte vraiment pour le citoyen. On mobilise pour coller des affiches, pas pour convaincre.
À ce rythme, le 23 septembre ne sera pas une fête de la démocratie. Ce sera l’enterrement d’un espoir. L’impression que laisse ce début de campagne, c’est qu’une grande partie des partis en lice n’a rien à proposer à Tanger. Seulement des tracts à jeter, et des promesses à oublier dès le lendemain du vote.
Abdeslam Reddam






















