Légué à la ville du détroit par le Duc de Tovar, un amoureux espagnol de Tanger, il y a plus d’une soixantaine d’années, le palais d’Álava Esquível, un édifice datant du XVe siècle, fait, depuis des années, l’objet de discussions entre les responsables des équipes dirigeantes de Tanger et la capitale de la province d’Alava en vue de chercher les moyens à mettre en état l’ensemble de ses locaux.

Le Conseil communal de Tanger (du temps du maire Bachir Abdellaoui) s’était engagé à réhabiliter sa propriété située dans le quartier médiéval de Victoria. En 2016, lors d’un déplacement sur place, l’ancien maire de Tanger s’était engagé devant les représentants des parties marocaine et espagnole à faire aboutir un projet de restauration de ce bâtiment. Ayant commencé son mandat par des difficultés financières en raison de l’accumulation des impayés liés au dossier d’expropriation, M. Abdellaoui a eu du mal à honorer ses engagements et sauver ce monument historique.

D’autant plus que les travaux de restauration de l’ensemble des locaux de ce palais nécessitent une enveloppe budgétaire de l’ordre de deux millions d’euros. Considéré parmi les priorités de la municipalité de Vitoria, le dossier de ce palais est donc toujours présent dans les débats menés lors de ces assemblées. Les élus locaux ont appelé les autorités à opter pour la procédure d’expropriation de ce bien immobilier, dont l’état de dégradation avancé constitue un danger pour les riverains et a un impact négatif sur l’image du site architectural et historique de leur ville.
La détérioration évidente de l’état du réseau et de la maille de protection qui entoure la façade du bâtiment et protège les piétons contre d’éventuelles chutes d’éléments, est évidente et représente un grand danger. A ce propos, des lettres ont été envoyées dans lesquelles le remplacement du maillage est ordonné dans des délais précis.
Mais jusqu’à aujourd’hui rien n’a été réalisé!  Et les raisons données par le Conseil tangérois sont le manque de ressources financières.
Jusqu’à aujourd’hui, cinq amendes ont été envoyées par la mairie de Vitoria à la mairie de Tanger pour son manque d’initiative dans la réalisation des travaux de conservation et d’entretien du palais d’Álava Esquível. Le total de ses amendes s’élève à ce jour à 126. 489,85 euros. Vu que la mairieTangéroise, propriétaire des lieux, ignore les exigences transmises par l’institution vitorienne, l’intention du cabinet Urtaran est “d’épuiser le terme de dix amendes et, s’il continue ainsi, d’évaluer l’exécution subsidiaire ou l’expropriation”, a déclaré Ana Oregi.
A rappeler que la mairie de Tanger doit également la somme de 17 000 euros représentant les frais de travaux déjà effectués afin de garantir la sécurité du palais et éviter son délabrement.
A rappeler aussi qu’en 2018, l’ancien bureau communal avait signalé son intention de léguer ce patrimoine à l’Etat marocain contre le prix symbolique de 1 DH. Depuis, il n’y a eu aucune information concernant ce dossier.