« Les chiens aboient, la caravane passe ». Oui, on ne peut pas plaire à tout le monde et Nawal Filali le sait fort bien.

Ainsi, même quand on lui jette des pierres, elle répond avec de l’ignorance. Nawal a été critiquée au Haouz quand elle a soutenu les victimes du tremblement de terre. A Ksar El Kebir, on a ignoré sa grande action de solidarité pour aider des centaines de familles durant les grandes inondations, et on l’a critiquée parce qu’elle portait un treillis au design et motifs militaires. Tout récemment, à Tanger, quand elle a organisé un méga Ftour du Ramadan sur la corniche, la manœuvre était de l’accuser d’avoir invité la crème de la crème de la société Tangéroise et d’ignorer les pauvres. Une tentative si bête puisque les vidéos prouvent bien le contraire.
Finalement, à force de lui en vouloir parce qu’elle a dédié sa vie à faire du bien, on se demande qui s’en sent véritablement gêné. Une haine pas du tout logique…
« Nous avons voulu que cette initiative soit une belle manière de conclure, dans les dix derniers jours du mois sacré. Peut-être qu’une prière, un sourire ou un geste de gratitude donnera tout son sens à ce que nous avons fait », souligne Nawal Filali, présidente et fondatrice de l’association « Yallah Nette3awnou », organisatrice de nombreuses actions de solidarité à Tanger et sur le plan national, dont la distribution quotidienne de 1500 ftour du Ramadan.
Le soir du mardi 27 Ramadan, la corniche de Tanger s’est transformée en une immense table de rupture du jeûne, accueillant le plus grand ftour collectif jamais organisé au Maroc. Initié par l’association «Yallah Nette3awnou», en partenariat avec plusieurs institutions, plus de 3.000 personnes, de toutes nationalités et confessions, se sont retrouvées pour partager ensemble un moment de solidarité et de convivialité qui va rester gravé dans les mémoires.
La corniche de Tanger offrait ainsi un tableau des plus beaux. Face à l’océan, des tables étaient dressées sur plusieurs centaines de mètres pour accueillir des milliers de jeûneurs.
Loin d’un simple repas, la scène avait quelque chose de profondément symbolique. Des familles entières, des enfants, des travailleurs, mais aussi des touristes et des visiteurs de passage prenaient place côte à côte, abolissant, le temps d’un ftour, les distances sociales et culturelles. Ici, chacun trouvait sa place, dans un esprit fidèle aux traditions marocaines de générosité et d’hospitalité.
Derrière cette initiative, une ambition claire: ancrer la solidarité dans le réel. «Nous avons souvent vu, ailleurs dans le monde, ces grandes tables de ftour collectif. Nous nous sommes dit: pourquoi pas à Tanger?», explique Nawal Filali, fondatrice de l’association «Yallah Nette3awnou». «C’est une première du genre, par son ampleur. Nous voulions que les gens ne se contentent pas de voir ce type d’actions sur les réseaux sociaux, mais qu’ils puissent les vivre pleinement», poursuit-elle.
Depuis le début du mois sacré, quelque 1.500 repas étaient préparés et distribués chaque jour au profit des personnes vulnérables, notamment des veuves, des orphelins et des enfants ayant mémorisé le Coran. Mais très vite, l’initiative a pris une dimension plus large. «Nous avons élargi à d’autres gens, tels des passants, des familles, tous ceux qui souhaitaient partager ce moment. L’idée, c’est de faire descendre la solidarité dans la rue et de la rendre accessible à tous», précise Nawal. «Notre objectif est simple: semer de la joie et du bien autour de nous», ajoute-t-elle.

Abdeslam Reddam