Tanger mérite une meilleure gestion. Cela sera sûrement le slogan des futurs candidats aux prochaines élections municipales. Chacun dira que c’est lui le bon élu qui remettra les choses en ordre, qui redonnera à la ville sa vraie valeur, son image de marque et sa notoriété d’antan.
Chaque candidat jurera qu’il fera de Tanger la cité la plus propre du Maroc, la plus calme et sécurisée. Il dira qu’il possède la solution idéale pour décongestionner le centre-ville et régler définitivement les problèmes des embouteillages et des stationnements qui bloquent la circulation. Et naturellement, il va libérer les trottoirs et les chaussées des commerces informels, et débarrasser les rues et les jardins publics des mendiants, des toxicomanes et de la petite délinquance…
Face à ce groupe des nouveaux candidats, les élus, actuels, défendront aussi leur droit à un second mandat. Ils s’efforceront d’expliquer aux citoyens qu’ils n’ont pas échoué dans le premier mandat et qu’ils n’avaient juste pas assez de temps pour tout régler, tout refaire, tout améliorer. Ils diront que s’il existe beaucoup de problèmes à résoudre c’est à cause des autres anciens élus, des arrondissements, de la commune et même de la wilaya qui ne possèdent pas les moyens humains et financiers pour tout faire et tout parfaire. Ils affirmeront aussi qu’ils ont besoin de la confiance des citoyens car maintenant ils sont certains de réussir tous les projets qui n’ont jamais été réalisés auparavant.
Dans l’attente du jour J, de la sentence citoyenne, certains courent réparer quelques failles ci et là. Certains dissimulent quelques trous sur une chaussée abandonnée depuis des années, d’autres goudronnent une ruelle en s’affichant devant une caméra d’un ami, et les plus audacieux vont illuminer quelques rues où l’éclairage public n’existait jamais. La période précédant les mois et les semaines de la pré-campagne électorale, ressemble exactement à celle des « 3awacher » précédant le Ramadan et la fête du sacrifice. Là aussi certains élus sacrifient plus de temps et de moyens pour paraître digne de la confiance des populations, propre et irréprochable.
D’autres, à cause de trop multiplier les sorties ratées et les idées à moitié pensées se sacrifient et disparaissent pour toujours.
Ces scénarios répètes et mitigés ont lassé les citoyens.
Voici la preuve: Sur un potentiel estimé à environ 28 millions de Marocains en âge de voter, à peine plus de 16 millions sont actuellement inscrits. Cela signifie que près de 12 millions de citoyens restent en dehors des listes électorales. Si le scrutin de 2021 avait attiré un taux de participation honorable (dépassant 50 %) grâce à la simultanéité des élections, les analystes craignent une rechute.
Expliquant cette situation, divers sondages, dont ceux explorés par le cabinet Sunergia, relèvent une méfiance structurelle envers la classe politique et les partis. Les débats sont cristallisés par le pouvoir d’achat, l’emploi et la hausse des inégalités, des frustrations qui, selon certains experts, peinent à se traduire en engagement concret dans les urnes.
Par Abdeslam Reddam


























