On parle toujours des mêmes noms à Tanger. Pourtant, le Grand Festival International d’Été de Tanger a décidé cette année de braquer les projecteurs ailleurs. Pas sur une star. Pas sur un politicien. Sur une femme discrète. Puissante. Indispensable: Hafsa Ben Sabih El Omrani, la secrétaire générale de l’Institut Français de Tanger.
L’association Tanger Métropole a rendu hommage à Hasfa Ben Sabih pour ses 20 ans de travail et pour avoir fait de Tanger un carrefour qui respire la culture.
Cours de langue, concerts, expos, débats, échanges universitaires, résidences d’artistes… Derrière chaque projet qui a fait vibrer la ville ces dernières années, son nom revenait. Toujours. Elle ne crie pas. Elle construit. Elle ne fait pas le buzz. Elle fait bouger les lignes.
Tanger Métropole l’a compris. Et l’a dit: «La valeur d’une personne ne se mesure pas à sa présence médiatique, mais à son impact.»
L’impact de Hafsa Ben Sabih? Il est partout. Dans les jeunes qui ont découvert le théâtre grâce à l’IF. Dans les artistes en résidence. Dans l’image d’une Tanger ouverte, moderne, qui dialogue avec le monde.
Hafsa aurait pu choisir le silence confortable. Elle a choisi la responsabilité. Elle a choisi de faire de l’Institut Français un pont. Pas un mur. Un pont entre le Maroc et la France. Entre les cultures. Entre les générations.
En l’honorant, la ville n’a pas seulement récompensé une carrière. Elle a rendu hommage à l’idéal de la femme marocaine compétente: bosseuse, engagée, loyale à sa ville. Celle qui prouve qu’on peut être influente sans faire de bruit.


Mettre Hafsa Ben Sabih à l’honneur, c’était dire autre chose aux Tangéroises et aux Tangérois. Les grandes villes ne se construisent pas qu’avec des gratte-ciels. Elles se construisent avec des femmes et des hommes qui travaillent dans l’ombre.
C’était dire aux jeunes filles: tu n’as pas besoin d’être visible pour être vitale.
C’était dire à toutes celles qui œuvrent sans attendre de remerciements: on vous voit.
Cet hommage n’était pas un simple moment du programme. C’était un coup de chapeau à Tanger elle-même. À cette ville qui avance parce que des gens comme Hafsa Ben Sabih refusent de baisser les bras.