En théorie, Tanger est une ville intelligente qui a surmonté tous les problèmes menaçant l’environnement.
Quand on suit les rencontres entre les industriels, les autorités et certaines associations, on croit que tous les problèmes seront vite résolus au point que Tanger deviendrait une cité modèle sur le plan national et même régional dans l’espace méditerranéen.
En théorie, les responsables sont les plus sérieux quand il s’agit de défendre le droit de la ville et de ses habitants à une atmosphère propre. Même concernant le domaine de la carbonatation, on avance très bien et on est tous d’accord pour que cet objectif soit atteint très rapidement.
Mais en pratique, c’est une autre réalité qui choque jusqu’à blesser ceux qui ont cru que l’essentiel est déjà fait.
Il y a une année, la Dépêche du Nord avait publié un reportage sur un canal qui traverse la TFZ. Le Oued était dans un état déplorable et son eau n’était que des déchets liquides nocifs provenant de certaines usines de cette zone. L’une des plus modernes du Maroc et la plus sophistiquée, exemple de la réussite du modèle marocain en industrie, qui dérange plusieurs pays voisins, amis et ennemis.
Ce canal était devenu un Oued de produits chimiques représentant une menace directe aux habitants et aux belles plages de la région d’Achakar.
Quelques mois plus tard, nous avions visité le même canal pour s’apercevoir qu’aucune mesure n’a été prise pour interdire aux usines responsables de ce massacre environnemental de déverser leurs dangereux déchets liquides directement dans ce Oued. Les autorités n’ont pas réagi pour mettre fin à cette catastrophe.


Pourtant, il existe bien un département ministériel responsable de la protection de l’environnement, un autre de l’organisation du secteur industriel, et à la Wilaya et la Commune il existe aussi des départements chargés de ce secteur. Mais personne n’a réagi.
La semaine dernière, après des milliers d’infractions qui ont lieu chaque jour dans le silence, sans que personne ne s’en rende compte, un nouvel scandale environnemental a eu lieu à  Tanger. Il a pris une couleur rouge pour que tout le monde le voit, comme pour dévoiler ce qui se fait en cachette depuis toujours. La dernière pollution a touché directement la plage de Bouknadel-Merkala, la rendant toute rouge à cause d’un liquide déchet sûrement nocif provenant dit-on d’une usine d’une zone industrielle de la ville.
Une enquête aurait été ouverte pour déterminer les raisons derrière ce nouveau scandale environnemental dont on ignore encore les effets immédiats et les répercussions futures.
Jusqu’à aujourd’hui, il n’existe aucune information réelle concernant cette affaire. Sauf qu’une commission s’est déplacée à l’usine pour y constater les faits et « exiger » aux responsables d’arrêter d’effectuer ces déversements.
En attendant, la ville vivra « propre » en théorie.
La semaine dernière, d’importants responsables locaux ainsi que des opérateurs économiques s’étaient déplacés à Barcelone pour participer à des rencontres discutant notamment du thème de l’environnement. Les discours côté marocain étaient exemplaires. En théorie, Tanger est la ville la plus organisée et protégée en matière environnementale.
Dans la pratique, c’est une autre histoire.
A. REDDAM