Qui à Tanger ne connaît pas la Playa Blanca, très belle plage située sur la route de Ksar Sghir ? Tous les Tangérois et les estivants marocains et étrangers, qui passent l’été dans la capitale du Nord, y ont déjà passé leurs vacances, ou au moins quelques belles journées d’été.
Il s’agit en effet de l’une des plus belles plages de la côte méditerranéenne. Un balnéaire où sont construites depuis plusieurs décennies des résidences secondaires, maisons ou villas, formant une urbanisation qui a toujours été très bien gérée grâce à l’association de riverains qui y habitent. Playa Blanca a aussi été reliée à la route de Ksar Sghir par un tronçon qui y mène paisiblement et sans grande difficulté.
Cela a été le cas jusqu’à pas très longtemps quand les autorités, qui gèrent très mal les affaires de cette ville, ont un jour décidé le contraire. Une décision qui a en effet été prise visant à priori le réaménagement de cette petite route menant à la playa blanca, mais qui a complètement chamboulé la situation, rendant l’accès à cette plage pratiquement impossible.
Ces autorités (le balnéaire fait partie du périmètre de la province de Fahs Anjra) ont un jour décidé de réaménager ce tronçon en faisant appel au savoir-faire d’une entreprise italienne qui y avait utilisé un nouveau processus se basant uniquement sur l’utilisation de la terre, sans asphalte. A priori, cette méthode serait déjà utilisée ailleurs et le résultat serait parfait. Sauf que cette première expérience marocaine a non seulement échoué, mais aussi transformé la vie des propriétaires des maisons de la Playa blanca en un vrai cauchemar, pour ne pas dire un enfer.
“Si vous voulez casser votre voiture, faites un tour à ce balnéaire quand il ne pleut pas. Et si vous vous y aventurez durant l’hiver, soyez certains que vous allez y rester, attrapés dans une boue”, atteste un riverain.
Située presque à mi-chemin entre la ville de Tanger et le port Tanger Med, Playa blanca avait séduit plusieurs cadres qui ont choisi d’y habiter.
“Rentrer le soir pour admirer le coucher du soleil y est un privilège. Au lever du soleil, le bonheur est servi à double dose. On ne peut que succomber à la tentation d’y rester et d’y habiter pour toujours et c’est la raison qui m’a poussé à acquérir ma maison à la Playa blanca. Aujourd’hui, je regrette presque de l’avoir fait”, déclare le directeur d’une grande entreprise basée à Tanger.
De toutes ces déclarations, la plus dure est celle faite par une femme qui s’est retrouvée un matin pluvieux coincée à bord de sa voiture dans la boue. “J’allais emmener mes enfants à l’école, mais à cause de cette route cassée et mal réaménagée, on s’est retrouvés attrapés mes enfants et moi sans aucun secours. Le pire c’est quand la grue, qui est arrivée de Tanger pour nous sauver de ce pétrin, s’est elle-même retrouvée coincée dans ce piège”, affirme-t-elle.
Personne ne comprend ce qui s’est réellement passé concernant ce projet. A priori, il a été programmé pour renforcer ce tronçon. Mais quelque chose s’est passé pour qu’il soit si mal réalisé, au point même de transformer la vie des riverains de Playa blanca en un vrai cauchemar.
Ces derniers sont tellement choqués qu’ils n’arrivent plus à comprendre la logique des autorités de tutelle. Ni leurs vraies intentions d’ailleurs. En effet, certaines sources contactées par ce journal n’ont pas hésité d’évoquer la possibilité de l’existence d’un autre projet beaucoup plus dangereux pour les habitants de Playa blanca… Casser la route en prétendant vouloir la réaménager serait peut-être la vraie tentation ayant pour but de “déranger suffisamment les riverains de ce balnéaire jusqu’à les épuiser et les pousser à abandonner leurs maisons”.
Si cela est le cas, ce serait une sale affaire. Et en tous cas, même très en colère, les habitants de Playa blanca vont y rester.
Leur message aux autorités responsables est clair : “peu importe les intentions cachées, réparez la route que vous avez cassée! “
Voici donc une belle occasion pour que le Wali Mohamed Mhidia puisse bien réagir et remettre de l’ordre dans cette province. Une visite s’impose.
Abdeslam REDDAM