Douze personnes (dont 4 filles mineures). C’est le nombre de décès par noyade enregistrés au niveau des plages de Tanger et d’Asilah depuis les jours fériés de l’Aïd Al-Fitr.
Le week-end dernier, il y a eu encore deux nouvelles victimes et la troisième a été sauvée miraculeusement.
Le long de la côte atlantique de la ville, à partir d’Achakar, plusieurs plages sont réputées dangereuses. Elles sont ainsi signalées par les experts comme des plages où la baignade doit être très surveillée, au moment où certains exigent même qu’elle doit être interdite à la baignade. Et ils n’ont pas totalement tord. Perdre 12 jeunes dans un espace de moins de deux mois est une catastrophe qui a besoin d’une réaction urgente.
Les gens qui se baignent à Achakkar ou tout au long des belles et vastes plages de l’Océan jusqu’à Asilah, n’ont souvent aucune information sur le danger que représente cette mer à cause des courants qui la traversent.
A la Dépêche du Nord, un reportage avait été publié, le 12 mai dernier, pour rappeler aux autorités responsables leur devoir de protéger les baigneurs et les moyens qu’elles devraient utiliser dans ce but.
En résumé, nous avions dit que devant une mer si dangereuse, mettre quelques sauveteurs et des maîtres nageurs au service de centaines de baigneurs très mal informés est tout simplement inutile et inacceptable.
Sur les plages de Tanger, il faut passer à un autre niveau d’investissement permettant véritablement de les équiper par un matériel moderne et surtout très rapide. Sur place, il faut aussi multiplier la communication avertissant les estivants sur un danger potentiel qu’ils sous-estiment ou ignorent complètement.
Sur ces plages, l’important ce n’est pas d’avoir des sauveteurs qui mettent eux-mêmes leur vie en nageant dans un courant pouvant facilement les attraper jusqu’à les épuiser, mais de mettre à leur disposition les outils sophistiqués leur facilitant leurs interventions.
Par ailleurs, la garde des plages et la protection des estivants n’est pas du ressort d’un seul établissement. La Wilaya, la Commune, la protection civile sont les principaux acteurs dans cette opération.
Dans une ville de la dimension de Tanger, ces institutions auraient dû prévoir un investissement pour doter les plages de l’Atlantique de quelques bateaux pneumatiques ou de jet ski dont la rapidité est le facteur qui manque dans toutes les opérations de sauvetage au scénario dramatique.
L’Agence pour le développement des provinces du Nord peut aussi être invitée à financier quelques projets. Il est excellent de financer des projets qui aident au développement d’une ville ou d’une région, mais à quoi cela servira si l’élément essentiel, le citoyen, risque toujours sa vie en allant passer ce qui devait être une agréable journée de plage?
A.R.