Prendre soin de soi est une pratique active. Cela demande de l’observation, de l’anticipation et parfois même davantage de discipline que l’effort lui-même. Savoir reconnaître les premiers signes de fatigue, accepter de ralentir avant d’être contraint de s’arrêter, poser des limites lorsque tout pousse à les dépasser: voilà des compétences qui s’acquièrent et se cultivent.

Dans de nombreuses organisations, la disponibilité permanente est encore valorisée comme une preuve d’engagement. Pourtant, être constamment sollicité ne signifie pas être efficace. À force de répondre à l’urgence, on perd souvent la capacité de réfléchir, de créer et de prendre du recul. La performance durable naît moins de l’intensité continue que de l’alternance entre effort et récupération.

Les athlètes l’ont compris depuis longtemps: la progression ne se produit pas uniquement pendant l’entraînement, mais aussi pendant les phases de repos qui permettent au corps de s’adapter et de se renforcer. Il en va de même pour les professionnels, les managers et les entrepreneurs. Le temps consacré à récupérer n’est pas du temps perdu ; il fait partie intégrante du processus de réussite.

Le véritable défi n’est donc pas de travailler plus, mais de préserver les conditions qui permettent de donner le meilleur de soi-même sur la durée. Car la discipline la plus exigeante n’est pas celle qui pousse à toujours faire davantage. C’est celle qui nous apprend à durer.

À suivre

Par Dr Mariam Bendriss