Parmi les invités qui se sont illustrés durant cette rencontre, Me Hatim El Khatib a brillamment modéré le pannel dédié au rôle des zones franches industrielles dans le développement de l’industrie au Maroc et en Afrique, et qui a connu la participation de M. Ryad Mezzour Ministre du Commerce, et de l’Industrie; M. Ahmed Bennis, DG de Tanger Med ZONES et M. Jorge Gomez, CEO du Fonds d’investissement espagnol VANTIA.

Ce Forum a réuni des décideurs publics, des leaders économiques nationaux et internationaux, des responsables institutionnels et des figures du dialogue des civilisations, autour des perspectives de la Vision Maroc 2030 et des opportunités d’investissement en Afrique.
Les participants ont souligné l’importance de promouvoir un modèle de développement fondé sur la confiance, le respect mutuel, l’éthique et le dialogue entre les peuples, en complément des indicateurs économiques classiques.
Dans son allocution, M. Mezzour est revenu sur l’évolution stratégique du Royaume en matière d’infrastructures portuaires et de logistique maritime, rappelant que la crise maritime mondiale a mis en évidence l’importance cruciale de disposer de capacités de transport robustes et résilientes, dans un contexte où près de 20% du commerce maritime mondial transite par la région.
Le ministre a, à cet égard, mis en avant le rôle déterminant du complexe portuaire Tanger-Med, aujourd’hui considéré comme le plus grand port de la région, qui a permis de réduire de manière significative les coûts logistiques et de corriger les contraintes géographiques historiques du Maroc, rappelant qu’auparavant, l’acheminement d’un conteneur de Casablanca vers l’Europe pouvait engendrer des coûts et des délais comparables à ceux d’un transport entre Shanghai et l’Europe, avec des délais pouvant atteindre 35 jours.
Abordant la politique d’ouverture commerciale du Royaume, M. Mezzour a souligné que l’attraction de l’investissement étranger a nécessité des choix stratégiques, incluant la transition progressive depuis des industries protégées mais peu compétitives vers un tissu industriel plus innovant et intégré aux chaînes de valeur mondiales.
Le ministre a rappelé que le Maroc dispose aujourd’hui d’accords de libre-échange avec plus de 100 pays, offrant un accès à un marché potentiel de 3,5 milliards de consommateurs, illustrant cette dynamique par l’exemple du secteur du pneumatique.
Il a indiqué, dans ce sens, que l’ouverture du marché à des produits européens plus compétitifs s’est accompagnée d’une transformation structurelle, marquée par la disparition progressive d’anciennes unités industrielles peu productives. Cette évolution a, selon lui, permis l’émergence de nouveaux investissements industriels majeurs, notamment à Tanger, où la capacité de production atteint désormais entre 15 et 18 millions de pneus par an.
M. Mezzour a enfin mis en perspective ces évolutions en soulignant qu’elles traduisent une transformation profonde du paysage industriel marocain sur un quart de siècle, marquée par le passage d’une économie protégée à une économie compétitive, intégrée et tournée vers l’international.