On l’a dit et redit car c’est une évidence. Le développement du sport, aussi import soit-il, n’est pas le résultat d’un hasard, mais d’un excellent management, notamment financier.
Pour un secteur qui participe amplement à améliorer l’image d’un pays à l’extérieur, l’exemple de l’équipe nationale de foot après la coupe du monde de Qatar est une preuve concrète, il est devenu indéniable que la gestion du sport doit impérativement devenir exemplaire.

Qu’on est-il des équipes de sport locales?
En prenant comme exemple le cas de l’IRT foot et de Majd Tanger basket, nous remarquons que les écarts en matière des résultats sont énormes.
L’IRT foot, qui est sensée être la première équipe de la ville, a beaucoup peiné pour rester en première division de la Botola Pro. De son côté, Majd Tanger a doublement remporté la coupe de Trône (Hommes et Femmes) et a failli réaliser la même consécration dans le championnat.
Reste que le point en commun entre ces deux formations était depuis des années (et est encore) le manque terrible de moyens financiers pour que Tanger possède véritablement des équipes championnes.
Économiquement, Tanger a beaucoup progressé et s’impose aujourd’hui comme second pôle économique du Maroc. Sur le plan des infrastructures sportives, la ville possède des équipements dont la qualité est saluée au niveau international.
Logiquement, cette prospérité doit être accompagnée par un développement sportif qui doit placer les équipes locales sur le podium des champions dans plusieurs disciplines. Car en effet, il n’y a pas que le foot et le basket. Il y a aussi le tennis, le volley-ball, le handball, l’athlétisme, la natation, etc. Des disciplines qui restent pratiquement ignorées comme si elles n’existaient pas.
Petit exemple criant: à Tanger, tout le monde s’interroge sur le sort du complexe de tennis et de cette piscine olympique qui sont toujours fermés depuis leur construction il y a quelques années déjà. Comment se fait-il que le ministère chargé du sport n’arrive toujours pas à trouver des associations sportives capables de gérer ces deux complexes? Hallucinant! Car on sait très bien que ces associations existent, sont affiliées à leurs fédérations respectives, travaillent très sérieusement et leurs pépites réalisent des résultats très encourageants dans des compétitions nationales…
Pour revenir au cas de l’IRT foot et de Majd Tanger, il faut signaler que ces deux formations sont en fait marginalisées au point qu’on ne parle d’elles que quand il faut les sauver d’un terrible fiasco (le cas de l’IRT) ou les féliciter quand elles réalisent un bon parcours (le cas de Majd Tanger) cette année.
Mais malheureusement, personne ne les accompagne, véritablement, dans le cadre d’un projet moyen-long terme.
Pourquoi? Parceque dans la mentalité des dirigeants de la ville, le sport est un fardeau de plus que personne ne veut porter.
Si Majd Tanger a prouvé à tout le monde que son projet est parfait, normalement les autorités locales devront l’appuyer en lui assurant les moyens nécessaires pour continuer à être cette belle équipe de basketball qui honore la ville et ses supporters (même cas d’ailleurs pour l’IRT basket).
Concernant l’IRT foot, si l’actuel président a pu sauver les meubles et gardé l’équipe parmi l’élite du championnat, mathématiquement il ne pourrait pas continuer à le faire tout seul et sans moyens financiers. L’IRT fait face à une ardoise de dettes assez lourdes et il est impossible de démarrer une nouvelle édition du championnat national dans ces conditions aussi dramatiques.
Le sport à Tanger a besoin de grands sponsors et ce n’est pas les grandes sociétés qui manquent dans le second pôle économique du Royaume.
Certes aussi, il faut des garanties d’une gestion saine et efficace.
Maintenant, pour trouver la bonne formule, c’est à l’autorité d’agir.
A.Reddam