C’est le sujet de discussion, sur les réseaux sociaux, menée entre deux clans qui défendent, chacun, son point de vue en essayant d’apporter des preuves. Une petite divergence provoquée depuis l’annonce du lancement de la restauration du principal bâtiment historique de la ville.
La première remarque concernant le changement du nom du théâtre a été faite par l’artiste espagnole Consuelo Hernández, qui reste parmi les grandes figures qui ont longtemps défendu la conservation de ce bâtiment et l’importance de lui redonner une nouvelle vie, sans aucune modification.
Marocains et espagnols reconnaissent à cette artiste son rôle essentiel pour protéger le théâtre, et c’est notamment grâce à son action que les deux parties, marocaine et espagnole, sont finalement arrivées à un accord bilatéral permettant aujourd’hui de le restaurer.
Depuis quelques jours, Consuelo Hernández, en visite à Tanger à l’occasion d’une exposition, organisée par l’Institut Cervantès et dédiée à ses chefs-d’œuvre, a revisité le théâtre et constaté que son nom est écrit en langue française au lieu de l’espagnol qui est l’original.
“Qui peut contester le nom d’un théâtre qui depuis son existence en 1913 est nommé «Gran Teatro Cervantes» ?  En espagnol et non en français. C’est une clarification et une demande aux autorités marocaines d’écrire ce nom en espagnol…”, insiste-t-elle dans ses nombreux commentaires en réponse à certaines personnes qui ne voient aucun problème si le nom officiel est écrit en langue française.
Parmi les réponses reçues, certaines défendent plus le rôle du théâtre que son nom, qu’il soit écrit en français ou en espagnol.
“… Sauvons déjà le théâtre, redonnons-lui sa beauté indiscutable et son prestige, puis nous verrons si un nom ou une langue sont vraiment meilleurs que d’autres. Ce n’est pas un édifice qui nous intéresse, si beau soit-il ; le Cervantes doit redevenir une institution artistique et culturelle, et éduquer et enrichir l’esprit des Tangérois et des nombreux visiteurs de cette ville prestigieuse. C’est, à mon avis, cette fonction qui fait sa noblesse…”

Et Consuelo insiste: “… La controverse, dans tous les cas, peut venir de ceux qui nient la vérité de l’histoire ou souhaitent ignorer l’accord signé.  Et aussi la langue.
Historiquement, le nom du théâtre est “Gran Teatro Cervantes” et pas “Grand Théâtre…”
Dans les autres commentaires, il a été même écrit qu’au Maroc, si personne n’agit aujourd’hui pour protéger l’appellation espagnole du théâtre, les autorités sont même capables d’en changer complètement le nom, comme elles l’ont déjà faite concernant la plus part des rues et avenues de Tanger.
Ce dernier commentaire m’a énormément interpellé. L’histoire prouve que c’est vrai.
Maintenant, la balle est dans le camp des autorités de la ville. Et par respect à l’histoire de Tanger et à la mémoire des deux propriétaires du théâtre qui l’ont construit, le seul nom qui doit exister de ce bâtiment est espagnol (“Gran Teatro Cervantès”!) Donc pas du tout français. Les Français n’ont jamais contribué à la construction de ce bâtiment historique, ni à son animation et ils n’ont rien à voir avec son projet de restauration qui est 100% marocain.

A.R.