Dans Wikipédia le mot urbanisme désigne l’ensemble des sciences, des techniques et des arts relatifs à l’organisation et à l’aménagement des espaces urbains. Ce projet peut être sous-tendu par une volonté d’assurer le bien-être de l’homme et d’améliorer les rapports sociaux en préservant l’environnement…
A Tanger, il existe une autre réalité!
Les dépassements de la loi se multiplient et se ressemblent dans le secteur de l’urbanisme, et Tanger, aujourd’hui référence nationale du développement de ce secteur, est paradoxalement devenue la capitale de tous les abus.
L’outrage a lieu dans tous les quartiers de la ville, même les plus huppés, ceux où le respect des normes de construction et des lois qui les régissent devrait être le plus “sacré”.
Un plan différent du plan d’aménagement et un 2ème étage qui ne devait jamais exister
L’avenue Moulay Rachid, au quartier Moujahidine, où de belles villas sont bâties dans un ordre respectant des mesures strictes de construction, enregistre depuis quelques temps des irrégularités qui invitent à la réflexion.
En effet dans très peu de cas, ne dépassant pas les doigts d’une main, des bâtiments n’ont pas respecté les normes, mais les défauts observés ont été très vite corrigés.
Cependant, un cas fait actuellement exception à cause de ses nombreuses irrégularités.
Il s’agit du propriétaire d’une nouvelle villa qui paraît se moquer des règles régissant le modèle de construction à respecter dans ce quartier. Et à la place d’une villa d’un seul étage, paraissant à toutes les villas construites dans cette zone, il a ajouté un deuxième étage, en plus d’un sous-sol qui ne devait jamais exister, car ne figurant pas dans les plans de construction.
Par cette infraction, ses voisins du vis-à-vis perdent directement la vue depuis leurs terrasses et leurs jardins, ont une densité d’air moins importante qu’auparavant et le pire c’est qu’ils perdent la liberté d’être et d’agir dans leurs terrasses et jardins (qui sont des espaces privés inviolables). En effet, le nouveau voisin peut les observer à chaque instant. L’inviolabilité des domiciles n’est elle pas sacrée dans le droit marocain et même dans la jurisprudence islamique ?
Dans des cas pareils, la loi est claire. Tous les bâtiments construits irrégulièrement sont démolis après une enquête menée par une commission spéciale constituée notamment des responsables des autorités locales.
Dans ce cas précis, une première commission s’était déplacée sur le lieu, et avait effectivement observé et noté les irrégularités qui posent problème. Nonobstant, sa réponse, qui a tardé une dizaine de jours, n’était pas de nature à donner l’impression que la loi serait appliquée et bien respectée concernant ce projet, mais plutôt à permettre au propriétaire de prendre tout son temps pour camoufler certaines irrégularités comme le sous-sol qu’il a finalement enterré.
Bien sûr un sous-sol enterré est facilement déterré une fois le permis d’habitat est délivré et que le propriétaire occupe son domicile.
Signalons que même si le chantier a été arrêté momentanément par décision communale, le PV ulterieur de ladite commission n’évoque que la construction d’un vide sanitaire en sous-sol et pas d’un sous-sol habitable avec ses fenêtres et sa porte d’entrée, ni dailleurs les grosses autres irrégularités qui sont beaucoup plus graves.
Au fond, c’est au niveau du plan délivré par les autorités compétentes que le problème existe. Même s’il n’a jamais affiché le numéro de son autorisation de construire sur son chantier (et c’est déjà une anomalie), le propriétaire de ladite villa n’agit pas au hasard, car il possède bien un plan délivré par les autorités de tutelle mais qui ne respecte nullement le plan d’aménagement réservé à cette zone.
Ainsi, au lieu d’un premier étage qui est construit pour toutes les autres villas d’à côté comme rez-de-chaussée, donc directement sur le terrain, ce propriétaire est en possession d’un plan différent lui permettant de construire un rez-jardin qui devait être un rez-de-chaussée,
puis un étage en dessus, qui devient en réalité un premier étage à la place d’être le rez-de-chaussée. Et finalement, un autre étage surplombant naturellement toutes les autres villas et qui est en fait un 2ème étage de cette villa, qui paraît en avoir l’exclusivité pa rapport à toutes les autres demeures avoisinantes.
L’alibi à souligner dans ce cas “exclusif” est qu’il s’agit d’un plan spécial réalisé pour un terrain en pente, alors que ce n’est pas du tout vrai car tous les terrains de cette zone sont plats.
Le terrain en pente offre, en effet, l’avantage d’imaginer un plan différent et donc la construction d’un modèle différent d’habitations… Et c’est là l’astuce grâce à laquelle ce propriétaire construit sa villa à sa manière sans respecter le plan d’aménagement prévu dans cette zone.
Comment ce citoyen a pu avoir ces plans et par quels moyens? C’est la question qui taraude tout son voisinage et à laquelle aucune autorité ne veut actuellement répondre.
D’après l’administration concernée le propriétaire possède bien son plan et son autorisation (qui n’a jamais été affichée sur le chantier, ce qui représente une autre irrégularité grave!)
Rappelons encore les principales irrégularités observées sur ce chantier. Sur le plan, ce qui est mentionné ce sont des appellations qui ne sont pas conformes à la réalité.
Les voici:
• Un rez-de-jardin à la place d’un rez-de-chaussée
• Un 1er étage à la place d’un rez-de-chaussée.
• Un 2ème étage à la place du 1er étage.
• Un sous-sol, qui ne figure pas non plus sur ce plan, est nommé “vide sanitaire”.
Faut-il signaler qu’après la visite de la première commission et constatant qu’il existe une grave irrégularité concernant notamment ce sous-sol, le propriétaire a eu tout le temps pour enterrer le sous-sol, puisque le rapport de la commission n’a été rendu public que dix jours après la visite au chantier.
Pendant cet espace de temps, le propriétaire de la villa a même bien avancé dans la construction du 2ème étage ne devant jamais exister.
Et c’est là le hic qui fait mal. Car comment se fait-il que dans la réalité les membres d’une commission officielle sont bel et bien témoins de la construction illégale et irrégulière d’une villa dans sa forme actuelle ne respectant pas le plan d’aménagement de cette zone, mais tardent à livrer leur rapport?
Un document de réponse qui se limite à ne citer qu’un vide sanitaire à la place d’un vrai sous-sol alors qu’il s’agisse également d’autres infractions qui n’ont pas été prises en considération.
La loi aide à la protection des droits des citoyens et son irrespect, par ceux-là même qui doivent la protéger, est le pire des insolences.
C’est une question d’éthique.
Ce bafouement a lieu durant l’actuel mandat du nouveau bureau de l’arrondissement Tanger Médina. Un bureau composé de jeunes élus qui, il y a à peine quelques mois, promettaient aux Tangérois une gestion saine, transparente et exemplaire.
Aujourd’hui ils sont devant leur premier test.
Pour information, malgré les instructions d’arrêt des travaux dictés par les autorités de la tutelle, la personne concernée les a finalement repris.
Affaire à suivre…

A. REDDAM