Tanger brille. Nouvelles infrastructures, un programme de réaménagement inédit… La ville change et elle attire. Mais nos rues racontent une autre histoire.
Tanger change à vue d’œil. Grues, nouvelles autoroutes, espaces verts, zones industrielles… La ville attire, investit, grandit. Mais plus elle avance, plus un malaise s’installe: l’incivisme. Ce comportement qui consiste à vivre « chez soi » sans se soucier du « chez nous ». Et c’est ce « chez nous » qui souffre aujourd’hui.
Sachets plastiques jetés un peu partout. Doubles files devant les écoles à 8h. Trottoirs des boulevards transformés en parking. Murs et façades récemment restaurés mais déjà très sales…
On réclame une ville propre, moderne, respectée. Mais on jette, on klaxonne, on bloque. La ville investit des milliards. Nous, on n’arrive pas à viser la poubelle.
Une ville ne se construit pas qu’avec du béton. Elle se construit avec des gestes simples: Un papier à la poubelle, pas par terre, un stop respecté, pas ignoré, un mur laissé propre, pas tagué, un trottoir laissé libre, pas occupé.
C’est peu. Mais multiplié par 1 million de Tangérois, ça change tout!
Tanger, c’est chez nous. Alors traitons-la comme chez nous.
La rue transformée en dépotoir*
Il suffit de marcher 10 minutes. Les poubelles débordent, les sachets plastiques volent au vent, les trottoirs deviennent des cendriers géants. Chaque soir, des équipes nettoient. Chaque matin, tout est à refaire.
Le problème n’est pas que le ramassage. C’est le geste. Jeter son café par la fenêtre de la voiture, abandonner les gravats d’une rénovation au coin de la rue, laisser les ordures devant la porte du voisin. Tanger mérite mieux que d’être traitée comme une poubelle à ciel ouvert.
L’espace public, l’affaire de personne
Parcs dégradés, bancs arrachés, murs tagués, façades des bâtiments historiques salies. L’espace public est un bien commun. Or beaucoup l’utilisent comme un terrain vague. On réclame des espaces verts, mais on laisse les enfants détruire les jeux. On veut une ville belle, mais on colle des affiches sur chaque mur.
Ce n’est pas une fatalité
Dire cela n’est pas « taper sur les tangérois ». Les tangérois sont accueillants, travailleurs, fiers de leur ville. L’incivisme touche toutes les grandes villes en mutation. Mais à Tanger, le contraste est violent: entre l’image d’une métropole moderne et la réalité de certaines rues.
Fierté locale
Tanger n’appartient à personne, mais chacun en est responsable.
Tanger peut devenir la vitrine du Maroc. Mais une vitrine sale n’attire personne. Le développement urbain sans civisme, c’est comme une belle maison sans balai.
Et toi, quel est le petit geste que tu peux faire dès demain pour ta rue?.


























