Lundi 6 octobre. Le Wali de la région Tanger Tétouan Al Hoceïma a quitté la salle de réunion où il devait assister à la session mensuelle du conseil régional.
Younès Tazi n’est resté que quelques instants avant de surprendre tout le monde et de partir.
Première lecture instantanée: certains observateurs affirment que depuis quelque temps rien ne va plus entre la Wilaya et le conseil régional TTA à cause de la mauvaise gestion des affaires d’une région classée économiquement troisième au niveau national mais où la misère sociale et l’absence des infrastructures ont atteint des limites insupportables. Une région à deux vitesses, deux visages.
Pour d’autres sources, la deuxième possibilité qui peut aussi expliquer ce départ inattendu du Wali, serait l’échec total du RNI, principal parti politique visé par les protestations des jeunes marocains de la GenZ 212. Si on croit à cette version, l’autorité penserait, peut-être, qu’il n’est pas opportun que son image, bien appréciée chez les citoyens, soit mêlée à celle d’un parti politique que tout le pays critique.
La crise au sein du RNI est en effet très profonde. Et à Tanger le cas s’est empiré précipitamment depuis les choix imposés pour déterminer le groupe qui va conduire le navire.
Résultat: même si on épargne quelques bons membres bien conscients de la valeur du développement de la ville et de la région, le reste des membres manque énormément d’expérience et de savoir-faire.
Au sein du RNI, dans sa version akhenouchienne, l’incompétence ne date hélas pas d’aujourd’hui. Et c’est pareil pour la région du Nord.
Quand un responsable régional reçoit une délégation étrangère et trouve des difficultés à faire une petite présentation orale des potentialités de sa ville sans lire un petit texte mal rédigé et plein de fautes d’orthographe, cela prouve que la médiocrité fait des ravages dans toute l’institution. Idem pour le chef du gouvernement. Le patron du RNI n’arrive pas à prononcer une simple phrase en arabe classique.
Être un bon politicien c’est posséder les outils et le charisme pour le devenir après plusieurs années d’expériences et de longues années de travail sur le terrain mais sur soi aussi. Car ne pas développer sa propre personnalité veut dire que l’homme politique ou la femme, dans de nombreux cas, resteront bloqués et impuissants, n’arrivant même pas à comprendre leur rôle et mission.
Je suis élu, je fais comment?
Tout le monde a d’ailleurs senti cette impuissance. Durant ce mandat électoral, à la commune, dans les arrondissements et bien sûr dans le conseil de la région, une grande majorité des élus n’est même pas arrivée à assimiler son rôle exact pour bien accomplir la mission qu’elle doit assumer. La seule chose que ces élus savent faire est d’être présents pour applaudir le président, des fois sans même savoir pourquoi. Et poser pour des photos souvenir.
Très souvent, certains élus, voulant « briller » et se distinguer dans leur travail, présentent des idées de projets qui n’ont absolument rien à voir avec l’essence même de la mission de la commune ou d’un arrondissement, prouvant ainsi l’inexistence d’une vision relative au vrai sens du développement global et durable dont la ville et leurs propres quartiers ont besoin.
Des petites rencontres culturelles, une soirée poétique ou musicale, inviter quelqu’un pour donner une conférence sur un thème démodé qui n’intéresse plus personne… Bref, toutes ces petites activités qu’une petite maison de la jeunesse peut très bien organiser.
Durant tout le mandat électoral, qui va bientôt expirer, aucun parti politique n’a organisé une conférence de presse ou une rencontre débat avec les citoyens pour leur présenter sa vision, leur expliquer ses plans d’action ou débattre des problèmes qui bloquent la réalisation de ses objectifs.
Même quand la ville abrite des congrès nationaux de certains partis politiques en présence de tous les leaders, les préoccupations « locales » sont reléguées au second plan et la plupart du temps on n’en parle même pas. Même les élus locaux, membres de ces partis sont presque ignorés sauf certains cas mis au devant de la scène parce qu’ils savent se distinguer du lot.
On comprend bien pourquoi le RNI c’est fini.
Abdesslam Reddam

























