Avec Ce qui persiste dans l’effacement, Hajar El Moustaassime développe un ensemble d’œuvres où la figure humaine se transforme progressivement, entre construction, altération et disparition. Présentée à la Galerie Kent du 25 avril au 25 mai 2026, et conçue avec le commissariat d’Amine Boushaba, cette exposition réunit un corpus inédit qui marque une évolution dans son travail récent, tant dans les formes que dans le processus de création.
Ce nouvel ensemble s’inscrit dans la continuité de sa recherche autour de la figure, tout en introduisant un déplacement perceptible. Certaines images conservent une structure identifiable, tandis que d’autres deviennent plus diffuses, proches de la trace ou de l’empreinte. D’une œuvre à l’autre, les formes se modifient, se fragmentent ou se recomposent, installant une tension entre apparition et effacement. Le processus occupe ici une place plus visible. Les œuvres laissent apparaître leurs étapes de transformation. Le travail repose sur une articulation précise entre plusieurs médiums. Le fusain installe des masses et donne de la densité aux images. La broderie agit comme un geste de liaison, venant fixer ou relier certaines zones. Le pino, matériau issu du recyclage de pneus, introduit une présence physique plus brute, qui renforce la dimension matérielle des œuvres. Ensemble, ces éléments produisent un rapport direct à la surface, où chaque intervention modifie la lecture de l’image.
La figure du couple apparaît comme un point de départ dans plusieurs pièces. Deux corps se rencontrent, se rapprochent, parfois se confondent, avant de se disperser. À partir de cette dynamique, les compositions s’élargissent progressivement : les figures se multiplient, les interactions se complexifient, et une dimension plus collective émerge, en écho à des situations observées dans l’espace urbain.
Ce passage du duo à des formes plus ouvertes accompagne l’évolution du travail. Il donne à l’ensemble une lecture continue, où chaque œuvre prolonge la précédente tout en introduisant une variation.
Née en 1993, Hajar El Moustaassime vit et travaille à Tanger. Diplômée de l’Institut National des Beaux-Arts de Tétouan, elle développe une pratique qui traverse peinture, dessin, sculpture et installation. Son travail accorde une attention particulière à la matière et aux processus de transformation de l’image, et a été présenté au Maroc et à l’international.
Cette exposition s’inscrit dans la continuité du travail de la Galerie Kent, qui accompagne des artistes en devenir et suit leur évolution dans la durée. La galerie développe leurs projets, les expose régulièrement et les inscrit progressivement dans des contextes élargis, au Maroc comme à l’international, contribuant à la structuration de parcours artistiques solides.