DEFINITION :

Une thrombopénie est habituellement définie par un chiffre de plaquettes < 150 000/mm3. En pratique, le risque de complication hémorragique sévère spontanée apparaît pour des valeurs inférieures à 20-30 000/mm3. Les plaquettes sont essentielles pour l’hémostase, le processus qui permet d’arrêter les saignements et de cicatriser les plaies.

QUE SONT LES PLAQUETTES ?

Les plaquettes, aussi appelées thrombocytes, sont de petits fragments cellulaires présents dans le sang. Leur rôle principal est de participer à la coagulation sanguine, ce qui aide à stopper les saignements en cas de lésion vasculaire.

Plus précisément, les plaquettes s’agglutinent au niveau de la lésion pour former un bouchon, empêchant ainsi la perte de sang. Elles libèrent également des substances chimiques qui favorisent la formation de caillots sanguins plus solides.

QUELLES EN SONT LES CAUSES ?

Deux mécanismes peuvent expliquer une thrombopénie :

– les causes périphériques (par consommation, destruction immunitaire ou séquestration par une rate agrandie de taille, infections) ;

– les causes centrales (par défaut de production au niveau de la moelle osseuse).

  1. LES PRINCIPALES CAUSES PERIPHERIQUES :
  • Auto-immune: La plus fréquente cause de thrombopénie reste le PTI : purpura thrombopénique immunologique. La maladie est liée à des anticorps qui se fixent sur la membrane des plaquettes et entraînent leur destruction au niveau de la rate. Elles affectent le plus souvent les enfants et les personnes âgées.
  • Par destruction: La thrombopénie médicamenteuse, nous retrouvons en premier lieu la thrombopénie induite par l’héparine (médiée par les anticorps anti PF4), puis celles produites par tout nouveau traitement introduit depuis moins de 3 mois (certains antibiotiques, anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), la quinine, antiépileptiques).
  • Par séquestration: En cas de splénomégalie (agrandissement de la rate), hépatomégalie ou cirrhose hépatique, ou en cas de grossesse, à partir du troisième trimestre, la thrombopénie dans ce cas est physiologique et n’est pas sévère (plaquettes > 100 000/mm3).
  • Par infection virale : L’infection par le virus de l’hépatite C (VHC), le virus de l’immunodéficience humaine(VIH), le virus d’Epstein-Barr (VEB, cause habituelle de la mononucléose), entre autres.
  • Par consommation : lors des processus inflammatoires importants et disséminés comme la coagulation intravasculaire disséminée (CIVD, présente en cas de choc septique ou certains cancers), la microangiopathie thrombotique (MAT), ou dans certains cas en présence de prothèse valvulaire mécanique.
  1. LES THROMBOPENIES CENTRALES :
  • Par insuffisance médullaire : suite à l’envahissement de la moelle osseuse par des cellules néoplasiques comme la leucémie aigüe, les lymphomes aggressifs, ou en cas de métastase au niveau médullaire par un cancer solide (sein, thyroïde, poumon…).
  • Par défaut de production : dans le cas de maladies hématologiques sévères comme l’aplasie médullaire, la myélofibrose ou la myélodysplasie.
  • Constitutionnelles : ces dernières sont très rares comme la maladie de Fanconi, le syndrome de Bernard-Soulier, Wiskott-Aldrich, ou la amégacaryocytose congénitale.

COMMENT DETECTER UNE THROMBOPENIE ?

La thrombopénie peut être asymptomatique avec des plaquettes supérieures à 30 000/mm3, ce qui est le cas le plus fréquents. A moins de 20 000/mm3 (dans le cas des cancers ou PTI), le patient présente des hémorragies spontanées au niveau des gencives (gingivorragies), à l’intérieur de la cavité buccale sous formes de bulles hémorragiques, ou un saignement du nez (épistaxis). Par ailleurs, nous pouvons retrouver au niveau des membres supérieurs, inferieurs et du tronc, des hématomes et des pétéchies, qui sont des petits points rouges millimétriques comme ceux qui apparaissent après une séance de frottements intenses au hammam.

De ce fait, une intervention chirurgicale ne peut être réalisée avec un taux de plaquettes bas, le risque hémorragique pourrait être mortel.

Y A-T-IL UN TRAITEMENT ?

Cela dépend de la cause de la thrombopénie, dans le cas de la PTI, la cause la plus fréquente, le traitement par excellence sont les corticoïdes, pour les leucémies aigues ou lymphomes, le traitement est la chimiothérapie vs immunothérapie. Malheureusement, dans les cas de cirrhose hépatique ou cancers du sang chroniques (myélofibrose, myélodysplasie), il n’a pas de traitements effectifs, la seule alternative reste la transfusion de plaquettes.

CONSEIL DE LA SPECIALISTE :

Réalisez une NFS (formule sanguine) de dépistage au moins une fois par an, on en retrouve des surprises, et vaut mieux la prévention que le traitement !

Bien à vous !

Dr Yasmina Skiredj.