Après une première intervention policière dans la nuit du mardi au mercredi 15 octobre, terminée par l’arrestation de quelques toxicomanes et le transfert de deux enfants dans un centre spécialisé, il a suffit d’une petite heure de calme, trompeuse, pour que d’autres groupes de toxicomanes reprennent d’assaut la rue de Velasquez.
Cela prouve, une nouvelle fois, que la seule solution et la plus efficace, n’est pas d’opérer des petites rafales de temps en temps mais d’installer une brigade policière pour surveiller et contrôler toute cette zone 24h/24 et 7/7. Des agents de la police qui circulent et assurent la sécurité des populations. C’est la seule vraie solution.
Cela fait plus d’une année que les habitants et commerçants de la rue Velasquez lancent les appels de secours aux autorités responsables pour intervenir et sauver tout le monde. Ces jeunes victimes de la drogue dure et les populations victimes du danger qu’elles représentent.
Hélas, malgré les nombreux SOS, malgré les lettres, les déplacements aux administrations responsables et les reportages de la presse et les réseaux sociaux, personne n’a pris la décision de dire « Basta, là il faut intervenir. »
Pourtant, le danger est là et il est très grand. Dans cette rue, la nuit est un enfer qui met en péril toute cette zone du centre-ville de Tanger. Dans ces groupes il y a des bébés, des enfants, des adolescentes mineures et déjà mamans… Des citoyens abandonnés qui consomment toutes les drogues dures mettant leur vie en danger et celle des familles habitant la rue Velasquez et tout ce périmètre. Une zone du boulevard qu’on aménage le jour pour faire partie du joli décor à l’occasion de la coupe d’Afrique, mais qu’on oublie que le grand ménage dont elle a besoin doit être fait la nuit.
Pour affronter les jeunes de la GenZ, les autorités ont utilisé toutes les forces de l’ordre qu’elles possèdent, mais paradoxalement elle hésite de dépêcher une petite équipe la nuit et emmener ces pauvres jeunes dans un centre pour les prendre en charge et les soigner, tout en libérant Velasquez de cette situation catastrophique.
Abdeslam Reddam
Ces images c’est Velázquez cette nuit


C’est Tanger qui pleure ses enfants pendant que le monde dort…encore une nuit où la rue devient le théâtre du désespoir..des corps penchés sur une flamme des visages perdus dans la fumée…des enfants des femmes des jeunes hommes tous piégés dans le même silence..leur refuge un trottoir un mur froid un coin d’ombre…leur chaleur celle d’un briquet
Mais cette nuit la scène était encore plus insoutenable…des enfants à peine 5/6 ans jouaient avec un briquet fumant à tour de rôle des mégots ramassés par terre..pendant que leurs mères quelque part plus loin se droguaient dans l’obscurité…pendant que la ville dort j’ai vu ce que personne ne devrait voir…des enfants respirer la misère chercher dans la fumée un semblant de chaleur…des femmes s’effacer lentement dans la dépendance…des garçons sans futur se consumer dans la rue…ce ne sont pas des images sensationnelles ce sont des cris…des cris qu’on n’entend plus parce qu’on s’est habitués.
Il est temps que cette ville ouvre les yeux…Il est temps d’agir
Sanae Alami
« Mon post ne va pas faire plaisir, mais bon, je suis connue pour dire ce que je pense, même quand c’est blessant (même quand ça me blesse aussi).
Sur la première image capturée il y a quelques minutes, le 360 nous annonce que les casseurs en marge des manifestations de la GenZ212 sont des mineurs. On ne comprend pas trop ce calcul super approximatif, mais bon…
Sur la seconde image capturée la nuit dernière par une riveraine du quartier Velazquez en plein centre-ville de Tanger, des gamins d’à peine 5, 6 ans fument pendant que les parents (des filles-mères elles aussi mineures) se shootent au crack ou à l’héroïne à quelques pas.
La flambée de violence ne surgit JAMAIS nulle part par hasard. Les « mineurs » dont on parle sont sacrifiés par tout un système et sont les dommages collatéraux de la crise sociale que dénoncent justement de nombreux manifestants.
Cela fait des mois que j’alerte les autorités de Tanger, en cela investie par la confiance des résidents de la rue Velazquez. En vain. Je suis accueillie avec de beaux discours dans de beaux bureaux par les figures de l’autorité. Une fois dehors, RIEN NE CHANGE. Et j’ai honte. Honte de me dire qu’en effet, rien ne change. Parce que l’on ne veut pas accompagner, soutenir, aider.
Étrangement, beaucoup de personnes commentent régulièrement en disant : « Ce n’est pas normal. Il faut s’adresser aux associations. » Les associations, me semble-t-il, ne sont pas compétentes dans ce domaine et les autorités, me semble-t-il également, s’en lavent les mains.
Au final, un désarroi monumental et une grande partie de la population criminalisée et punie ou carrément laissée à l’abandon, comme si elle n’existait pas. Or, personne n’est dupe. Et tout le monde voit. Même les touristes ne sont pas dupes. Si » le local est le miroir de l’international « , pour résumer le discours de sa Majesté, alors le miroir pour l’instant est sans tain.
Si personne ne comprend les liens de cause à effet, alors il n’y a rien à dire et rien à faire de plus qu’à continuer de pleurer en silence, mais punir n’est probablement pas la solution. Quand on veut miser sur le futur, on panse le présent, n’est-ce pas ?
Avec tout mon amour. ».
Stéphanie Gaou






















