Le projet existe et le débat de la part des autorités concerne le tracé et la faisabilité. Ce qui est certain c’est que Tanger pourrait bientôt avoir sa première longue rue piétonne dans le centre-ville. Une sorte de Calle Larios de Malaga?
Qui vivra verra.

Sur le boulevard Pasteur, il existe bien quelques ruelles interdites à la circulation des véhicules. La plus connue est la rue Vélasquez, qui retrouve une animation plus saine grâce à la librairie les Insolites de Stéphanie Gaou. Un projet qui a encouragé d’autres jeunes à y ouvrir des galeries d’art, de jolis magasins proposant divers articles de déco et design et même un centre culturel. Nonobstant, cette petite ruelle, constituée de beaux bâtiments espagnols, continue d’être utilisée comme parking de voitures et de souffrir de la présence de groupes de délinquants, toxicomanes et dealers de drogues. Les bars du coin et le jardin non sécurisé de Sour Maagazine la coincent encore dans cet état.
Les autres ruelles piétonnes formant ce carré sont, elles, dans un état pire que Vélasquez.
Ce qui n’est pas le cas de la rue de la Liberté où l’hôtel El Minzah s’impose comme un prestigieux 5 étoiles de renommée mondiale qu’il faut bien protéger, en plus de la présence du bâtiment du consulat de France et la galerie Delacroix, du fameux café La Española et de nombreux commerces.
C’est cette riche présence de commerces et autres espaces et lieux de référence qui donne son importance à cette rue, en plus de sa situation reliant le boulevard Pasteur au Grand Socco, place emblématique de la ville et porte d’accès à l’ancienne Médina.
Selon nos sources, les discussions menées actuellement par les autorités responsables portent sur le tracé de la future rue piétonne. Où elle commencera exactement? Il existe deux possibilités.
Soit qu’elle commence du début de la rue, au niveau du Consulat de France, soit un peu plus bas à partir de la ruelle menant au marché de Fendaq Chejra. L’idée est que l’hôtel El Minzah doit garder son droit logique à l’accès des véhicules (autocars, taxis et voitures particulières) devant sa porte principale et à son parking.
Dans ce cas précis, il serait possible d’interdire la circulation routière à tous les autres véhicules en donnant uniquement une permission à ceux se dirigeant à l’hôtel.
La deuxième partie de la rue de la Liberté serait en revanche entièrement réaménagée et interdite à la circulation.
Le second scénario proposé permet à tous les véhicules de traverser la première partie de la rue et de tourner à droite pour aller vers Fendaq Chejra et de là vers le Grand Socco. Et pour éviter les embouteillages sur ces petites allées, il serait strictement interdit de s’arrêter ou de stationner les véhicules dans tous ces trajets. Dans ce cas, le passage piéton sera limité à l’artère menant au Grand Socco.
Reste là grande question: veut-on aménager une rue piétonne qui pourrait ressembler à la Calle Larios de Malaga, l’une des plus belles en Europe, ou aménager encore un espace qui serait vite « occupé » par les commerçants ambulants ? Si c’est cela, ce n’est même plus la peine d’y penser!
A.R.