Jeudi 14 juillet 2022. Des centaines d’hectares des forêts de la province de Larache, de Ouezzane et Chefchaoun sont parties en fumée. Au soir de cette journée catastrophique, les raisons à l’origine de ces incendies forestiers n’avaient toujours pas été communiquées. Selon plusieurs sources sur place, cette catastrophe a été maîtrisée grâce aux nombreuses actions des sapeurs-pompiers, qui ont utilisé tous les moyens, dont des canadaires, et aussi grâce aux interventions des populations locales.
L’incident est très grave, d’où l’importance de reparler encore des capacités et des moyens de ces hommes, braves et courageux, qui sont nos sapeurs-pompiers, dont la mission est de protéger les populations de la région, Tanger-Tétouan-Al Hoceima et ses infrastructures. Sont-ils bien pris en charge, bien rémunérés et bien équipés ? Oui et non.
La canicule, en plus du Chergui qui durent depuis plus de deux semaines, à Tanger et dans toute la région, sont un danger éminent d’incendies forestiers à n’importe quel moment et endroit.
Certainement à la caserne de la protection civile locale, les braves sapeurs pompiers sont bien préparés pour réagir à n’importe quelle alerte de feu que tout le monde espère qu’elle ne soit jamais lancée.
Le problème n’est pas dans les hommes qui  logent dans la caserne de la place Mozart. Car si ces bons “soldats” sont d’une abnégation extraordinaire, c’est cette caserne un peu vieillotte qui pose problème.
A l’instar de Tétouan, Tanger, ville en développement continu, spécialement en nombre de population, de nouveaux quartiers, d’usines et autres grandes  infrastructures qui nécessitent une attention particulière en matière de protection, mérite fort bien un nouveau bâtiment pour loger ses pompiers, mais aussi qu’ils possèdent des équipements ultramodernes, notamment roulants, nécessaires pour mener des opérations efficaces contre les incendies et toutes les autres interventions.
Au fond, chacune des deux provinces, Tanger et Fahs Anjra (mais aussi Tétouan, Larache, Chefchaouen et Ouezzane) devrait avoir sa propre grande caserne de pompiers qui soit bien équipée en capital humain et en matériels moderne permettant des actions rapides.
A Tanger et dans toute la région, de grands espaces forestiers sont détruits annuellement. A coté, la région du Rif est la plus touchée (69 % de l’ensemble de la superficie incendiée au niveau national) et les causes des incendies sont souvent ignorées.
Au total, le Maroc perd chaque année environ 30.000 hectares, soit 0,3 % de son space forestier national, selon le Haut Commissariat aux Eaux et Forêts.
Rappelons que le dernier important incendie à Tanger avait eu lieu à la forêt diplomatique durant la première semaine du mois d’octobre 2021 et avait ravagé plusieurs hectares.
Durant juillet de la même année, soit il y a un an exactement, la même forêt avait été le théâtre de nombreux autres incendies, dont le plus important avait eu lieu tout près de l’hôpital militaire de campagne qui était réservé aux malades du Coronavirus. Le feu avait alors ravagé environ 36 hectares de massifs forestiers.
Le feu de forêts a deux inconvénients: il ne prévient jamais quand il arrive et avance à une vitesse vertigineuse à cause du vend. Une raison suffisante pour que les pompiers répondent par des actions à la fois rapides et neutralisants.
Mais comment réussir cette mission avec le peu de matériel qu’ils possèdent notamment concernant le nombre des camions-citernes ou encore les points d’eau les plus proches de l’endroit où l’incendie est déclarée…
En attendant un investissement dans ce secteur, souhaitons qu’aucun autre incendie ne soit encore provoqué cet été et bravo toujours aux sapeurs pompiers qui font tout pour réussir leurs missions.
A. REDDAM