Plusieurs familles tangéroises habitant les quartiers menant au stade Ibn Battouta ont souffert, durant les derniers jours, quand les bulldozers sont venus casser leurs maisons. Elles étaient, bien sûr, informées et averties par les autorités responsables depuis quelque temps. Nonobstant, le coup était fatal et difficile à accepter.
Pour les autorités de la ville, l’ordre est irrévocable. De grands travaux de terrain visant à « améliorer » les infrastructures, dans les environs du stade Ibn Battouta, entrepris dans le cadre des préparatifs pour l’accueil par le Maroc de la Coupe d’Afrique des nations 2025 et de la Coupe du monde 2030.
Dans ce cadre, plusieurs démolitions de maisons situées près du complexe Ibrahim Al-Khalil, dans le cadre du projet d’aménagement de la route principale menant au Grand stade de Tanger.
Cette opération de démolition concerne certaines maisons classées parmi les bâtiments ayant dépassé la superficie autorisée selon les procès-verbaux d’alignement adoptés.
Une source a affirmé au journal que les autorités ont prévu une compensation financière pour les propriétaires de ces maisons. Des appartements leur seront également attribués dans la nouvelle ville Ibn Battouta, à Gzenaya.
Cette opération entre dans la droite ligne de l’approche adoptée par les autorités pour traiter les bâtiments situés sur les nouveaux tracés des routes programmées dans le cadre du plan d’aménagement. «Les travaux en cours comprennent l’élargissement de l’avenue Ibrahim Al-Khalil et de plusieurs routes principales qui relieront le stade Ibn Battouta aux axes vitaux de la ville, afin de faciliter la circulation et de réduire la pression sur les anciens axes tels que l’avenue Moulay Rachid», explique la même source.
Faut-il rappeler que l’avenue Moulay Rachid a également bénéficié d’une opération d’extension dans le même but de faciliter l’accès des supporters et des moyens de transport au stade durant la période de la compétition.
Donnant leur avis sur ce genre de projets programmés pour améliorer les infrastructures de Tanger afin d’abriter la coupe d’Afrique en décembre prochain, certains observateurs ne cachent pas leur désaccord, indiquant qu’ils sont contre ce genre de projets visant à élargir des routes qui sont assez larges dans la réalité et ne nécessitent pas une nouvelle extension. « Ces budgets auraient pu être utilisés pour créer des chaussées là où elles n’existent même pas. Améliorer l’état de centaines de ruelles dans plusieurs quartiers de la périphérie de la ville, où l’accès est presque devenu impossible, même à pieds », ajoutent-ils.
En effet, l’état actuel de la majorité des rues dans ces zones périphériques est dans une situation illogique et très alarmante. Des quartiers anarchiques, construits dans des conditions qui ne sont plus un secret, sont devenus aujourd’hui une menace sociale pour ses propres habitants et toute la ville.
Par A. REDDAM


























