Sous le thème « Société, famille et éducation dans l’UE: gestion démographique », le  professeur Vicente Llorent Bedmar a présenté, le mardi 20 décembre 2022, un Master Class à la Faculté des Lettres et Sciences humaines de Martil.
La Dépêche l’a rencontré et interviewé sur un thème très spécial.

Quel a été votre sentiment en voyant la réaction des joueurs du Maroc avec leurs mamans lors de la coupe du monde de Qatar?

La société marocaine est une société qui m’enchante depuis des années pour ses valeurs, ses traditions et ses coutumes et ce sont des valeurs qui ont commencé à disparaître petit à petit en Espagne.
Cela me rappelle mon enfance et le magnifique encore est qu’avec le développement que vous vivez au Maroc, vous êtes restés attachés à vos valeurs.

A votre avis, le cas d’Achraf Hakimi qui a finalement préféré le Maroc à l’Espagne est-il le résultat d’une mauvaise intégration?

Là, nous avons divers facteurs qui créent cette situation. Le premier facteur est l’influence de la décision personnelle quand une équipe fait appel à tes services et l’autre hésite à le faire. Et puis il y a l’enracinement et l’origine, qui quand ils sont forts augmentent la possibilité de choisir sa destination finale. L’enracinement ce sont les familles, les amis, l’entourage, etc. Et même s’il soit espagnol de nationalité, Achraf Hakimi est resté lié à ses racines marocaines.
Nous avons en Espagne le cas des deux frères Williams de l’Athletic Bilbao, dont l’un a choisi de jouer pour l’Espagne et son frère pour son pays natal. Cela finalement dépend des visions et des circonstances de chacun.
Il faut aussi valoriser le facteur liberté du choix qui est aussi très important dans ce contexte.

Comment jugez vous l’intégration de la communauté marocaine en Espagne et en Andalousie spécialement?

Il existe deux cas d’immigrés. On ne peut pas comparer un immigré bien installé, possédant un très bon emploi et qui s’est parfaitement bien intégré en Espagne, avec un autre qui vient d’arriver, sans papier ni travail.
Je pense que le meilleur serait que les autorités espagnoles opèrent la régularisation de toutes ces personnes.
Pour le cas de l’Andalousie, nous nous ressemblons bien avec les populations du Nord du Maroc et peut-être la raison pour laquelle les Marocains se sentent mieux en Andalousie plus que dans le nord d’Espagne.

Le cas des mineurs marocains vivant en espagne reste aussi un grand problème souvent très mal utilisé politiquement. Quel est votre avis concernant ce sujet?

J’aurai aimé que les centres des MENA en Espagne soient dirigés en partie par des responsables marocains qui connaissent mieux la situation de ces enfants et sauront les orienter, les accompagner et les diriger. Mais il n’y en a pas.

Bio
Vicente Llorent Bedmar est professeur d’universitaire à la  Faculté des sciences de l’éducation. Université de Séville.
Département de théorie et d’histoire de l’éducation et de la pédagogie sociale.
Directeur du Groupe de recherche en éducation comparée de Séville (GIECSE-HUM-486).
Ancien président de la Société espagnole d’éducation comparée et auteur de plusieurs livres et recherches.