Son influence sur les marchés des matières premières 

La reprise économique qui a suivi la crise anti-covid, mais aussi les conditions climatiques spécifiques, ont entraîné une hausse de la demande d’électricité en Chine.
Cette augmentation de la demande est arrivée à un moment où les sources d’approvisionnement principal en électricité (Charbon et Hydro-électrique) étaient limitées. La consommation de charbon était astreinte par le soucis de préserver la population contre la pollution. Rappelons que depuis 2000, le nombre des décès liés à la pollution dépassait les 30 millions d’après le magazine “New Scientist”.
Le souci de protéger la santé des Chinois des dégâts causés par la dégradation de l’environnement est une nécessité présente et pressante pour le gouvernement chinois.
La pollution apparaît comme le 2ème sujet de préoccupation principale des Chinois juste après le sujet de la corruption.
D’autant plus, depuis cet été, la Chine est confrontée à une sécheresse qu’on peut qualifier d’historique. Le niveau de précipitations dans certaines provinces est inférieure de 50 à 80% par rapport aux moyennes historiques et des centaines de milliers de personnes souffrent de pénurie d’eau dans les régions rurales. Cette sécheresse prolongée à surtout eu de sérieuses conséquences économiques.
Les barrages hydroélectriques, qui assurent habituellement 18% de la production électrique chinoise, sont à la peine et les centrales mixtes à charbon n’arrivent pas à compenser la hausse de la demande vers le haut par la forte reprise économique.
Dans un 1er temps, la Chine a essayé de compléter sa production d’électricité par du Gaz Naturel Liquéfié (GNL). Pour preuve, depuis le début de l’année, l’importation du GNL est supérieure de 14% à celle de la même période de l’année dernière.
C’est en partie, ce changement de braquet de la Chine qui a provoqué la flambée des prix qu’on connaît et qui s’est répercuté dans le monde entier. Les cargaisons de GNL étaient captées par la Chine et les régions comme l’Europe ont manqué de gaz.
La hausse des prix du gaz a aussi été un révélateur du fait que le charbon reste une matière première cruciale pour l’économie chinoise qui consomme déjà 55% de l’offre mondiale.
Pour compenser ces problèmes énergétiques, la Chine a importé près de 2 fois plus de charbon en Octobre 2021 que l’année dernière ce qui a conduit à une explosion du prix du charbon. Une tendance qui pourrait se confirmer et se camper.
Il faut pourtant constater que la Chine a travaillé depuis déjà une décennie à remplacer le charbon par d’autres sources d’énergie moins polluantes (Centrale nucléaire dernière génération).
Pour info, on constate le même mécanisme qui se répète sur le prix du pétrole.
Oui, la Chine est prête à utiliser du pétrole pour faire fonctionner ses centrales électriques si nécessaires.
Comme toujours sur les marchés des matières premières, d’autres facteurs rentrent également en jeu mais les besoins TITANESQUES de la Chine continue de secouer VIOLEMMENT le reste du monde.
Le poids de la Chine dans la consommation économique mondiale s’explique en partie par sa taille importante en tant qu’ÉNORME consommateur et dans certains cas producteur de matières premières. Elle perturbe les marchés mondiaux même lorsque de son point de vue elle ne procède qu’à de léger ajustements de ses politiques nationales.
SON INFLUENCE s’accroît également sur l’aspect financier du commerce des matières premières grâce à ses 3 grands marchés à terme.
Les négociants internationaux s’accordent à dire qu’il est, aujourd’hui, quasiment impossible pour un professionnel de ne pas passer par ces marchés chinois s’il veut exercer son activité.
Aujourd’hui, la Chine veut étendre L’INFLUENCE qu’elle exerce sur les marchés énergétiques et sur les produits de base (les Commodities) en régulant les multitudes contrats locaux.

LA CHINE A POUR OBJECTIF D’ENTRER EN CONFORMITE AVEC LES NORMES INTERNATIONALES QUI RÉGULENT LES MARCHÉS À TERMES MONDIAUX.

LA CHINE CONSOMME 50% DE CE QUI EXISTE DE TOUT ET DE TOUT CE QUI EXISTE.
Pour certains métaux comme le fer, on se trouve largement en dessous de la réalité.
L’appétit TITANESQUE de la Chine suffit à lui donner une grande INFLUENCE sur l’évolution des marchés. Mais cet appétit implique également que de nombreux produits de base deviennent des sujets stratégiques pour le gouvernement chinois qui n’hésite pas à intervenir lorsqu’il le juge nécessaire (exemple cours du maïs et de l’aluminium).
LES CHINOIS ONT ADAPTÉ LEUR PRODUCTION À LEUR CONSOMMATION.

Si on a vu ces derniers mois, la hausse significative de la demande et des prix des matières premières ainsi que l’apparition des tendances spéculatives sur tous les types de marché de bien ou de métaux, en passant par les polymères que se soient sur les secteurs du bâtiment, de l’industrie, de transport et de la logistique, il ne faut pas oublier que la situation économique reste extrêmement tendue.
Si les 3 principales bourses de matières premières et de contrats à termes (Dailan, Shanghai et Zengzhou) procèdent à des opérations qui en font des acteurs de niveau international (6 fois plus élevés que sur leurs équivalents américains: CME Group), la prochaine étape du développement des marchés chinois des matières premières consistera à transformer les indices de références du pays en standard utilisable en normes internationales.
Une STRATÉGIE que les Chinois ont dévoilé en Octobre 2021, qui s’appelle “CHINA STANDARDS 2035” et qui planifie de décrire les nouvelles normes internationales de la prochaine génération technologique et de mettre à mal la domination actuelle des Américains et des Européens dans ce domaine.
La raison principale est de favoriser l’adoption du YUAN qui représente aujourd’hui seulement 3% des échanges internationales des matières premières contre 38% pour le Dollar.
La nouvelle stratégie d’internationalisation de ces indices pousse la Chine à assouplir lentement les règles d’accès à ses bourses de matières premières pour les négociants internationaux qui autrefois étaient exclus de ces marchés.
En Septembre 2021, le Conseil d’État Chinois (State Council Of Républic of China) a déclaré qu’il lancerait d’avantage de contrats à termes, accélérait la participation des opérateurs étrangers au marché chinois et créerait une autre bourse libellée en YUAN destinée à ses investisseurs étrangers.
On sait que les bourses chinoises sont étroitement liées à l’Etat. La proximité entre publique et privée est aussi problématique qu’aux USA.
Je me permets de rappeler que le 1er sujet de préoccupation des Chinois est le problème de la corruption.
Si le niveau de corruption des organisations chinoises peuvent poser question, le VRAI problème vient du fait que les autorités chinoises interviennent volontiers sur les marchés.
En conclusion, la transition énergétique rendra probablement les prix des produits de bases qui sont l’énergie et les matières premières beaucoup plus volatiles.
Le choix des autorités chinoises, de laisser-faire et/ou de laisser-aller la régulation du marché aura un impact indéniable sur les prix des matières premières.
Un impact qui ira bien au-delà des frontières de l’empire du milieu.

Oussama OUASSINI 
L’homme qui murmure aux oreilles des Hommes d’Etat.