Seul celui qui a emprunté la route connaît la profondeur des trous” (proverbe chinois)

Le fait que Tanger soit convertie en un énorme chantier est une occasion idéale pour “retaper” certains autres chantiers qui sont très urgents.Sûr qu’en voyant tous les jours ces gros engins travailler sur certains chantiers, celui de l’ancienne Médina tout spécialement, les habitants d’autres quartiers, dont l’accès est devenu un enfer à cause de l’état des routes, rêvent de les voir restaurer leurs propres routes cassées et abandonnées depuis plusieurs années sans qu’aucun projet de réhabilitation ne leur soit programmé.

Routes du complexe Al Moustakbal: le Kandahar Tangérois

C’est l’exemple des axes routiers du complexe résidentiel Al Moustakbal situé sur la route de Rabat et faisant partie d’une zone d’habitation nouvellement construite abritant plusieurs autres quartiers résidentiels. La plupart des habitants sont des jeunes familles Tangéroises ou arrivées de diverses villes et régions du Maroc profitant de l’expansion économique de la capitale du Nord. Parmi ces populations, une bonne majorité a préféré acquérir un nouveau logement dans ces nouveaux bâtiments qui pullulent et naissent comme des champignons sur les bords des principales routes de la ville (l’axe de Rabat et celui de Tétouan principalement) où des dizaines de quartiers sont édifiés au rythme de l’augmentation du nombre des habitants de la ville.Mais le grand problème c’est l’état désastreux des routes que ces jeunes familles sont obligées de traverser deux fois jour (au minimum) pour aller au travail et revenir le soir.Pour l’opération de retour la souffrance est double car ces routes, en plus d’être toutes cassées, ne sont pas éclairées. L’éclairage public fait en effet défaut dans la majorité absolue de ces quartiers. Notamment en se dirigeant vers le complexe Assalam. Ce n’est pas normal!Quand une ville se développe et promet la vie en rose à ses habitants, en plus de leur assurer des emplois, elle est sensée leur assurer un stricte minimum de confort et de sécurité urbaine.Cela commence d’abord par de bonnes routes dans un état normal et un éclairage public signe de sécurité sur tous les chemins qu’ils traversent.

Playa Blanca: le piège

 

L’autre route qui fait scandale est celle de Playa Blanca, un balnéaire où sont construites depuis plusieurs décennies des résidences secondaires, maisons ou villas, formant une urbanisation qui a toujours été très bien gérée grâce à l’association de riverains qui y habitent. Playa Blanca a toujours été reliée à la route menant à Ksar Sghir par un tronçon qui y mène paisiblement et sans grande difficulté.Cela a été le cas jusqu’à ce que les autorités  décident le contraire. En effet, tout à coup, on décide le réaménagement de cette petite route menant à la playa blanca, chamboulant ainsi la vie tranquille des riverains en rendant l’accès à cette plage pratiquement impossible.Ces autorités (le balnéaire fait partie du périmètre de la province de Fahs Anjra) ont  décidé de réaménager ce tronçon en faisant appel au savoir-faire d’une entreprise italienne qui y avait utilisé un nouveau processus se basant uniquement sur l’utilisation de la terre, sans asphalte. A priori, cette méthode serait déjà utilisée ailleurs et le résultat devait être parfait. Nonobstant, l’expérience marocaine a non seulement échoué, mais aussi transformé la vie des propriétaires des maisons de la Playa blanca en un vrai cauchemar, pour ne pas dire un enfer.“Si vous voulez casser votre voiture, faites un tour à ce balnéaire quand il ne pleut pas. Et si vous vous y aventurez durant l’hiver, soyez certains que vous allez y rester, attrapés dans une boue”, atteste un riverain.Personne ne comprend ce qui s’est réellement passé concernant ce projet. A priori, il a été programmé pour renforcer ce tronçon. Mais quelque chose s’est passée pour qu’il soit si mal réalisé.Après quelques années d’attente, en vain, les riverains déposent aujourd’hui tout leur espoir en Mohamed Mhidia pour réagir et ordonner la programmation urgente de la restaurations cette route.Nous sommes au 21e siècle et nous vivons une phase de développement et de croissance d’une ville que le roi veut exemplaire à tous les niveaux. Malheureusement, la gestion urbaine laisse beaucoup à désirer, au point de donner l’impression qu’elle devienne un bâton dans les roues de ce train de développement.Avoir des axes routiers aux milles trous rappellent ce Tanger de la fin des années 80 et début 90. On croyait que ce temps était révolu. Mais à cause de l’inefficacité de certains départements, on s’aperçoit que ce temps continue encore d’exister.Prière donc de faire le nécessaire pour au moins  restaurer ces tronçons. A Tanger, la vie doit toujours être meilleure!

A.R.