Dans une interview exclusive qu’il a accordée à la Dépêche, le président de l’Université abdelmalik Saadi, M. Bouchta EL MOUMNI, a déclaré que son établissement a pris un ensemble de mesures concernant le harcèlement sexuel auquel les étudiantes peuvent être exposées. “Lopération, qui est gérée en coopération avec le ministère de la tutelle, se base sur plusieurs mesures dont une cellule  d’écoute qui a été créée à cet effet”, a-t-il signifié.
Cette cellule, selon le président de l’université, se compose de médecins spécialisés, de psychologues, et de professeurs de sociologie, pour la plupart des femmes, ainsi que des  représentants des étudiants. Il est aussi question de recours à un médiateur de l’Université quand il s’agirait de certains cas qui n’atteignent pas la justice et n’affectent pas la dignité des étudiants.
La Présidence de l’Université Abdelmalik Saadi et le ministère de la tutelle, toujours selon M. EL MOUMNI, travaillent très sérieusement pour garantir rapidement la réinsertion de tout étudiant qui a été soumis à toutes formes de violences, qu’elles soient physiques, sexuelles ou verbales, soulignant dans le même contexte qu’il existe un grand soutien à cet égard.
Dans un commentaire du président de la même université concernant les cas récemment apparus dans certaines universités marocaines, EL MOUMNI a estimé qu’il s’agit de cas anormaux, isolés et pathologiques, qui ne représentent pas le professeur universitaire.
Commentant le cas de l’école Roi Fahd de traduction, qu’il a considé comme offensant pour l’université, le même responsable a signalé qu’il s’agit d’un cas qui n’est pas différent des autres, car il reste une anomalie et est également isolé, et puisque l’affaire est entre les mains de la justice, l’université ne peut pas s’immiscer en la matière. “Nous avons une pleine confiance dans la justice du Royaume et la police judiciaire”, a-t-il déclaré.
A rappeler que tout récemment, le professeur soupçonné de harcèlement et de chantage sexuels dans cette école a été interpellé, et placé en garde à vue sur décision du procureur général du Roi près le tribunal de première instance.
Le concerné a été entendu par la police judiciaire, après la plainte collective d’une douzaine d’étudiantes et d’étudiants. En attendant la fin de la procédure, il a été suspendu de ses fonctions pédagogiques et administratives au sein de l’établissement.
Pour rappel, les faits visés par la plainte auraient eu lieu le 16 décembre lorsque ce professeur aurait forcé l’une de ses élèves à visionner un film pornographique l’invitant à reproduire le contenu de l’enregistrement.