Aujourd’hui je veux parler d’une bombe sociale qui grandit dans l’ombre de Tanger.
Pendant que la ville se développe et se transforme, des enfants grandissent dans la rue au milieu de la drogue, de la violence, de l’insécurité et de l’indifférence. Certains sont nés de mères toxicomanes parfois très jeunes elles mêmes, prisonnières d’une détresse qui les dépasse.

Ces enfants ne manquent pas seulement d’un toit, ils manquent de protection, de soins, de repères et parfois même de la simple certitude d’avoir une place dans la société. Ils apprennent trop tôt que la rue peut être leur seule maison et que l’abandon fait partie de leur quotidien. Le danger ne concerne pas uniquement leur présent, il concerne aussi notre avenir collectif, car que devient un enfant qui grandit sans sécurité, sans éducation stable, sans affection et sans perspective? Que devient un jeune qui a passé son enfance à voir que personne ne venait le protéger?
Le risque est de voir grandir une génération blessée, méfiante envers les institutions, coupée de la société et convaincue qu’elle n’a jamais compté pour personne. Une génération qui pourrait porter en elle la colère, le désespoir et le sentiment d’avoir été oubliée dès sa naissance.
Ces enfants ne demandent pas des privilèges, ils demandent simplement ce qui devrait être garanti à chaque être humain: une enfance digne, un avenir possible et l’espoir de croire qu’ils ont leur place dans leur propre pays. Car lorsqu’une société laisse ses enfants grandir dans la rue, ce ne sont pas seulement des vies qu’elle met en danger, c’est aussi son propre avenir!

Par Sanae Alami