Quand on passe devant l’immeuble construit par Francisco de Asis y Vidadevall, bâtiment déclaré patrimoine historique de la ville, et qu’on voit une partie de sa façade « habillée » de pyjamas et autres robes de nuit importées de Turquie, on comprend ce que voulait dire Victor Hugo il y a des siècles.
Dans la mémoire du Tanger moderne, le nom de l’architecte espagnol Francisco de Asís y Viladevall Marfà demeure synonyme d’une époque architecturale unique, où l’esprit de modernité se mêlait au caractère cosmopolite de la ville. Il n’était pas un simple architecte municipal (il travailla pour la municipalité de Tanger de 1943 à 1960), mais bien l’architecte d’une vision globale qui a remodelé le paysage urbain de Tanger à une époque de profondes transformations.
Parmi ses réalisations les plus marquantes dans le tissu urbain de Tanger figure l’immeuble «INMUEBLE CALLES HOLANDA-MEXICO», situé entre les rues Hollande et Mexique, qu’il a conçu en collaboration avec le cabinet Ibetán. Cet édifice n’est pas un simple complexe résidentiel, mais un exemple éloquent de l’école rationaliste: façades élégantes, lignes droites et une fonction architecturale qui prime sur l’ornementation, en parfaite harmonie avec l’esprit de l’époque.
Son nom est également associé à d’autres monuments emblématiques tels que le Marché au Charbon, l’immeuble Cuenma et le parc Brooks – des projets qui incarnaient son ambition de bâtir un Tanger moderne sans renier ses racines. Son œuvre était l’expression même d’une ville vivant entre deux mondes: le nord et le sud, la tradition et la modernité.
Ainsi, l’architecte hispano-catalan Villadeval Assis a légué à Tanger bien plus que de simples bâtiments ; il a laissé un style et une identité, faisant de la pierre un langage qui raconte l’histoire d’une ville qui fut, et demeure, un carrefour international.