L’exposition Oasis de la Gallery Kent prend fin aujourd’hui samedi 2 décembre 2022. Grâce à Aziza Laraki, le public Tangérois a eu le grand plaisir de découvrir ou redécouvrir l’énorme talent d’un artiste peintre exceptionnel. Dans cette belle chronique de Philippe Guiguet Bologne, une nouvelle lecture nous plonge dans le monde extraordinaire et ses fantastiques déclinaisons…

“Omar Saadoune est aujourd’hui connu pour ses déclinaisons d’une tête de mort prenant un caractère emblématique, comme la cathédrale de Chartres fut représentative de l’œuvre et de la démarche artistique de Claude Monet. Le crâne saadounien, joyeux au demeurant, est tour à tour confronté à un alter ego, couvert
de paillettes, couronné de lauriers… Conscience morale à laquelle nous voilà confrontés, toujours il nous rappelle que nous sommes égaux devant la mort et, mieux encore, que nous nous valons devant les choses essentielles de la vie. Enfant
de son temps, Omar Saadoune peint au moyen d’une myriade d’éclats, des tachettes de toutes les couleurs d’une palette énergique, comme autant de ces pixels par lesquels passent, aujourd’hui, l’information et la communication. Omar Saadoune ne se prive pas d’y rajouter quelques paillettes, histoire de rappeler que, carpe diem aidant, et puisque nous sommes tous destinés à finir ainsi écachés, autant que la fête commence jusqu’à n’en plus pouvoir. Les crânes d’Omar Saadoune ne sont pas funèbres : ils célèbrent la vie, l’envie, le désir. D’une certaine façon, ils sont bien vivants et accompagnent leur public comme ce Monsieur Loyal de la clownerie, à la fois pitre lui-même, mais aussi narrateur du spectacle, maître du jeu et conscience de la scène qui se joue.

Omar Saadoune vit et enseigne à Chefchaouen. Il est né à Ksar El Kebir en 1978. Il obtint un baccalauréat en arts plastiques à Tanger en 1997, avant d’intégrer l’École nationale des Beaux-Arts de Tétouan (1998) et il a obtenu son doctorat en Art contemporain en 2022 .
Depuis une dizaine d’années, autant d’expositions personnelles lui ont été consacrées : dernièrement par Gallery Kent à Tanger (2019), en 2017 à Bilbao et à Macao, par la Salle Bertuchi de Tétouan en 2012, auparavant par la Fondation Mohamed VI de promotion des œuvres sociales et de l’enseignement à Rabat (2011), en Avignon
(2006). On aura encore pu apprécier ses œuvres dans une quarantaine d’expositions
collectives à travers le Maroc et le monde. Il fut très présent en Tunisie entre 2011 et 2019, notamment avec des participations à des événements au Musée d’art moderne et contemporain de Tunis et, par deux fois, à Almakan Maison des arts. On le vit à deux éditions de Conixionarte à Tanger et Séville, puis à Barcelone (2012) et pour l’exposition Le Maroc contemporain à l’Institut du Monde arabe de Paris (2014). Il participa à l’exposition Absoult-ment, montrée aux galeries Shart de Casablanca et Noir sur Blanc de Marrakech, ainsi qu’à Vent du nord à la Villa des arts de Casablanca  (2012), ville où fut encore montrée l’exposition 50 ans de peinture au Maroc dont il
était. En 2019, Omar Saadoune participait enfin à un événement à Bab Rouah, à Rabat. Son travail de vidéaste fut projeté dans de nombreux festivals depuis 2005, programmé au cours de plusieurs éditions du Festival international d’art vidéo de Casablanca, au Palue Saverdera de Gironne – où il reçut le premier Prix -, au Québec (Les Rencontres internationales d’art vidéo, 2008), ou à la première édition de All Art Now à Damas (2010). Quant au performeur Omar Saadoune, il s’est produit au Musée Guggenheim de Bilbao (2015), à la Casa de las Conchas de Salamanque et plusieurs fois à Madrid (au Matadoro et à Oflimit), ainsi qu’à Gironne, en Avignon et dans plusieurs villes du Maroc.”

Philippe Guiguet Bologne