Certaines associations et ONG à Tanger comptent parmi ses membres, très actifs, des jeunes hommes et femmes possédant un niveau intellectuel très bon.
Pour donner un simple exemple, l’Observatoire dédié à la défense et la protection de l’environnement et du patrimoine historique peut être fière de posséder, parmi ses membres, des jeunes préparant leur doctorat dans des thèmes très sensibles. Quand ils (elles) assurent la modération d’un débat ou d’une table ronde, elles n’hésitent pas, ne tremblent pas devant le public présent et dominent parfaitement le sujet.En face, quand on assiste directement ou indirectement à une réunion des certains élus d’un quelconque arrondissement, on est déçu du niveau des interlocuteurs. Un niveau très bas pour ne pas dire nul.
Dans cette gamme des élus locaux, spécialement ceux et celles arrivés lors des dernières élections communales, il n’y a aucune échelle pour mesurer un très niveau intellectuel ou compter en nombre considérable les diplômes des études supérieures. Dans ces institutions, les masters et les doctorats sont en effet très rares. Sur le nombre total des concernés, celui des diplômés universitaires (Bac+4 ou 5) est compté sur les doigts d’une seule main. Si on cherche dans tous les arrondissements de la ville, Tanger Médina, Souani, Beni Makada, Mghohha et même à Gzennaya, on trouvera que les diplômés porteurs d’un master ou d’un doctorat constituent une petite minorité éparpillée et sans aucun poids, d’où le niveau bas des débats et des réflexions menées dans ces institutions.
La vérité, la vidéo qui a circulé sur les réseaux sociaux, la semaine dernière, n’a choqué personne. Ce n’est pas une surprise de voir le niveau des discussions bas à ce point et sans aucun intérêt. S’emballer et s’emporter sans but n’est pas étrange à ces réunions.
L’élu qui a indiqué que le Roi est (Amir al Mouminine), « Commandateur des Croyants » du monde entier, n’a aucune idée de ce qu’il croit fortement savoir. Il ignore que le Roi est l’Emir des Mouminines vivant au Maroc, les musulmans et les juifs marocains… Pourtant, c’est bien indiqué dans la Constitution. L’expression «Commandeur des Croyants» est explicitement mentionnée dans l’article 41 de la Constitution de 2011.
L’élu ignore clairement ce qui est écrit dans la Constitution de son propre pays et, par conséquent, les lois et les réglementations qui en découlent. Que peut-on attendre d’un responsable « politique » de ce calibre? Rien à part des erreurs dans la transmission de ses propres idées qu’il défend et l’incapacité à défendre les intérêts de sa ville et de sa propre circonscription.
Malheureusement, le nombre de ce genre d’élus à Tanger a beaucoup augmenté depuis 2021.
Durant ce mandat très spécial, la machine électorale a donné naissance, à la surprise générale, à une nouvelle génération d’élus dépossédée de la définition même de l’acte politique et de la gestion communale. Mis à part quelques présidents et membres ayant accumulé auparavant l’expérience nécessaire, ou possédant véritablement un niveau leur permettant d’apprendre très vite les mécanismes de l’action politique localement et comment être un bon élu, les autres n’ont jamais su prendre le bon train. Pire: ils n’ont même pas fait l’effort pour être à l’heure.
Etre un bon élu communal qui sait défendre les intérêts de sa ville et de ses électeurs, ne s’arrête pas au seul acte de présence pour prendre des photos et des selfies et les publier sur les réseaux sociaux. Être un bon élu, ce n’est pas seulement être présent dans des événements pour recevoir une attestation de participation imprimée sur un papier cartonné de mauvaise qualité qu’on mettra après dans le tiroir des oubliettes.
Être un bon élu nécessite d’abord le développement d’un savoir-faire très spécifique et d’un sens de responsabilité et de professionnalisme. Mais à la veille de nouvelles élections, Tanger manque terriblement de profils de bon niveau.
Abdeslam Reddam

























