La vague de l’intelligence artificielle déferle sur l’ensemble des entreprises du monde. Les financiers sont très rapidement touchés par cette révolution qui remet en cause l’organisation de leur mission.
Le XIXe siècle fut celui de l’ère industrielle, le XXe celui des services, le XXIe est celui de l’information. Il s’agit là d’une nouvelle donne économique, on parle du – NET ECONOMIE – et le pouvoir appartiendra à ceux qui maîtrisent cette information. Dans les pays développés, l’informatique et les télécommunications sont devenues les premières industries devant l’automobile. Au Maroc, le basculement vers l’internet est enclenché et sera un facteur d’accélération qui va probablement nous permettre de rattraper notre retard sur nos voisins européens. Le législateur en a d’ailleurs pris conscience et a annoncé un ensemble de lois qui facilitent les échanges d’informations virtuelles (signature, sécurité, visio-conférences dans les sociétés, transparence, …).
En ce qui nous concerne, il ne nous est pas possible d’ignorer ou de négliger l’incidence de l’intelligence artificielle sur notre travail. C’est la raison pour laquelle plusieurs organisations professionnelles, des universités, des écoles de commerce organisent sans cesse des rencontres pour réfléchir à l’impact de l’intelligence artificielle sur l’organisation des entreprises marocaines.
Aujourd’hui, on constate, toutes les semaines, que l’ensemble des annonces techniques, économiques faites dans tous les secteurs d’activités convergent. Cette évolution est inéluctable, elle nous concerne tous. Tous les financiers doivent prendre conscience de l’ampleur du phénomène à tous les acteurs économiques et se doter des outils nécessaires pour permettre de travailler autrement. Cette nouvelle ère de l’information va entraîner des évolutions sociologiques importantes chez les financiers et ils doivent s’y préparer très rapidement. Il est donc primordial de mettre en œuvre un plan d’action permettant :
•le développement d’une forte culture de l’intelligence artificielle ;
•le rééquipement des services financiers des outils performants, ouverts, fédérateurs et réactifs ;
•la recherche de solutions logicielles adaptées à ces nouveaux besoins, sachant qu’il s’agit moins d’une difficulté technique que de la mise au point de l’ensemble des scénarios et procédures au sein des entreprises marocaines.
Durant les dernières années, la majorité de nos financiers a su s’adapter à un grand nombre de mutations, aussi bien technologiques qu’organisationnelles.
Nous savons que l’intelligence artificielle va entrer de plus en plus dans les sociétés dans les années à venir. De grandes opportunités s’offriront à tous ceux qui s’engageront et accompagneront cette révolution : agissant ainsi, la profession financière est en mesure de renforcer, très fortement, sa place dans l’économie marocaine. Ainsi, le financier aura la possibilité de devenir l’organisateur des différentes filières de traitement et de restitution des informations.
Il s’agit là sûrement de l’enjeu le plus important que notre métier ait connu au cours de ces dernières années. Nous pouvons tous déjà affirmer que «la maîtrise de l’intelligence artificielle sera la base du maintien et du développement de la profession financière».

Mohamed LAHYANI
Expert-comptable & Commissaire aux comptes diplômé d’Etat à Paris.
Membre de l’Ordre des Experts-comptables au Maroc et en France.
Fondateur du cabinet Audit & Analyse Tanger
www.audit-analyse.com
Président de la commission Etudes Fiscales & Juridiques du Conseil Régional de l’Ordre des Experts-comptables

de Tanger Tétouan Al-Hoceima.
Auteur de nombreux ouvrages en: fiscalité, audit, finance, comptabilité, évaluation des sociétés, consolidation,

contrôle de gestion…